Inter-Environnement Bruxelles
© IEB - 2021

Bruxelles change, la charte d’IEB aussi

© IEB - 2022

Durant deux ans, Inter-environnement Bruxelles a convié ses membres à réactualiser sa charte. Son texte a été adopté par l’assemblée générale de ses membres le 7 juin 2022. En vue d’assurer une véritable démocratie urbaine, IEB se revendique du droit à la ville et de la justice environnementale. Ces deux principes orientent les thématiques et terrains d’actions d’IEB : les déplacements, l’économie, l’environnement et milieux en commun, l’espace public, le logement, le numérique et le patrimoine.

Pourquoi s’atteler à cet exercice ?

Notre précédente charte avait près de vingt ans et pendant ce temps Bruxelles a beaucoup changé.

Après une phase de décroissance, la population bruxelloise a augmenté de 25 %, enclenchant de nouvelles dynamiques d’aménagement du territoire visant à le densifier et à doper la production de logements. Cette évolution appelle selon nous une révision de nos positionnements sur le logement et la densification à différents niveaux. À quels besoins répondent les logements créés ? Comment densifier sans créer des rentes foncières, sans alimenter surtout la spéculation immobilière ?

Par ailleurs, le dérèglement climatique aujourd’hui ne fait plus aucun doute. Comment affronter la tension créée entre besoins en logements abordables et équipements collectifs et préservation de la biodiversité ? Quelle place attribuer aux espaces non bâtis ? Comment réguler les déplacements dans une ville qui se densifie ?

De plus, depuis le début des années 2000, deux référentiels d’action publique se sont progressivement imposés dans les programmes politiques et les projets urbains. D’un côté, les « politiques d’attractivité », qui visent un développement urbain s’adressant d’abord à des groupes exogènes (travailleurs internationaux, touristes, fonds d’investissement). De l’autre, les « politiques de la durabilité » (développement durable, économie circulaire, etc.) qui entendent concilier développement économique et attention aux paramètres environnementaux. Quel positionnement notre fédération doit-elle adopter face à ces politiques et leurs conséquences ?

Nous constatons également depuis au moins dix ans une érosion des mécanismes de démocratie urbaine. Celle-ci se donne à voir d’une part dans l’instauration foisonnante d’organismes d’intérêt public sous tutelle ministérielle (Urban, Perspective) qui ont évidé l’administration de missions relevant de l’aménagement du territoire et, d’autre part, dans la création d’un outil urbanistique dérogatoire, le Plan d’Aménagement Directeur. Cet urbanisme du contournement, visant à faciliter les (gros) projets immobiliers (qui continuent à faire verser des larmes de crocodiles), s’accompagne d’une politique du fait accompli, où tout est décidé en amont de la publicité-concertation – comme la construction du métro 3 nous le rappelle régulièrement.

Enfin, la rédaction d’une nouvelle Charte est à replacer dans l’évolution des principes qui guident le travail de l’équipe et de l’organe d’administration. IEB se pense et continue à se penser comme une fédération de collectifs, groupes, comités d’habitant.es et d’associations, assumant son rôle de contre-pouvoir et ses missions d’éducation permanente.