Inter-Environnement Bruxelles
© IEB - 2021

Enquêtes publiques

IEB référence l’ensemble des enquêtes publiques des 19 communes bruxelloises, ainsi que des avis les concernant sur lafficherouge.ieb.be. Le site reprend les enquêtes en cours, et remonte jusqu’à 2003. Vous avez également la possibilité de recevoir, en vous créant un compte, chaque semaine par e-mail, les enquêtes publiques en cours, selon vos critères pré-établis.

© IEB

L’A-douce ou NEO : il faut choisir !

22 septembre 2022

En 2018, Bruxelles-Mobilité demandait un certificat d’urbanisme et d’environnement pour réaliser un parking de transit au Heysel et requalifier l’autoroute A12 en boulevard urbain. IEB s’était alors opposé à ce projet de parking. Extrêmement couteux, celui-ci semblait davantage destiné à augmenter les réserves de stationnement nécessaires à la création du projet NEO qu’à permettre une réduction efficace des flux venus de la Région flamande. IEB demandait d’abandonner le P+R et de le remplacer par un parc, soit un équipement d’intérêt collectif conforme avec l’inscription de la zone au PRAS. Une demande partagée par la Ministre Elke Van Den Brand qui annonçait vouloir renoncer au parking en décembre dernier. IEB soutenait toutefois le certificat d’urbanisme pour la requalification de l’A12. Bruxelles-Mobilité annonçait à l’époque sa volonté de poursuivre le réaménagement au sud, jusqu’au Pont Van Praet.

C’est chose faite aujourd’hui avec une enquête publique qui porte sur le réaménagement de l’avenue Van Praet et de l’avenue Croix de Feu jusqu’au canal. Cependant, si IEB soutient pleinement la diminution des bandes de circulation au profit de l’aménagement de zones de parcs, d’espace public de qualité et de pistes cyclables, nous ne comprenons pas pourquoi le projet déposé à l’enquête publique ne concerne que la partie sud du projet. En effet, toute la partie nord, qui va de la chaussée romaine à la fin de l’autoroute A12, est renvoyée à une demande de permis ultérieure.

Le saucissonnage de ce qui ne constitue en réalité qu’un seul et même projet a pour effet de repousser encore dans le temps la requalification de cet axe déjà actée en 2018. Les raisons de ce découpage ont sans aucun doute un lien avec les négociations et les marchandages politiques qui ont lieu autour du plateau du Heysel. Outre le parking de dissuasion, qui pourrait faire sa réapparition sous la pression de Pascal Smet, c’est du côté de l’élargissement du Ring et surtout du projet Neo que les regards se tournent. En effet, le projet complètement obsolète de centre commercial entraînera une hausse extrêmement importante de tous les déplacements automobiles dans les quartiers adjacents et pourrait nécessiter l’aménagement d’une nouvelle liaison routière, aujourd’hui absente des plans mis à l’enquête publique, entre l’A12 et le plateau du Heysel.

IEB s’oppose à ce que le projet de requalification de l’A12 soit mis à mal au profit de projets socialement et environnementalement injuste comme le parking de dissuasion ou de Neo, un projet d’un autre temps qui générera un tel accroissement du trafic routier qu’il pourrait annuler les effets bénéfiques obtenus par la portion sud du présent réaménagement.

© IEB

La mobilité douce au secours de la spéculation Avenue de Stalingrad ?

31 août 2022

Initialement mis à l’enquête publique du 24 aout au 22 septembre, le réaménagement de l’avenue de Stalingrad est remis à l’enquête jusqu’au 18 octobre. Le projet vise à éviter un réaménagement à l’identique suite aux chantiers en cours pour la station de métro Toots Thielemans. Le réaménagement propose notamment une circulation automobile revue sur une voie unique centrale (à la place de l’actuelle allée Rosa Luxemburg), un élargissement des trottoirs, la création de deux pistes cyclables et la mise en place de nouvelles plantations (mais dans une proportion moindre qu’avant) d’essences diverses pour remplacer tous les platanes tronçonnés dès le premier jour du chantier actuel. Si d’un point de vue de mobilité, le réaménagement fait sens afin de limiter le trafic de transit amplifié par la piétonisation des boulevards du centre, on ne peut toutefois que regretter l’absence totale de réflexion sur les conséquences sociales de ce réaménagement dont l’objectif est aussi et avant tout de « renforcer l’attractivité » du quartier (pour les nouveaux habitants ? Les investisseurs ?) et de le « rendre vivant ».

Alors que les études d’incidences réalisées pour la station de métro avaient démontré que la hausse des valeurs immobilières et la gentrification dans le quartier constituaient le corollaire de l’ouverture d’une station de métro, il ne semble qu’aucune mesure ne soit prise pour contrer cet état de fait. Pire, en proposant un réaménagement plus qualitatif et vert au moment même où le quartier est encore éventré, la Ville de Bruxelles réunit toutes les conditions pour que la spéculation immobilière fasse son œuvre. La volonté d’installer l’harmonica géant de Toots Thielemans à l’entrée du quartier vient se rajouter aux voix qui s’élèvent pour changer le nom de l’avenue de Stalingrad (trop communiste, trop russe…) et renseigne assez bien quant à la volonté de façonner une nouvelle image au quartier, facilement identifiable par les touristes, au détriment de son identité actuelle. Un quartier décrit en creux donc comme ni assez vivant, ni assez attractif.

© Comité de quartier Ophem

Reconversion de bureaux près de Calevoet

31 août 2022

Au Sud d’Uccle, un projet visant à reconvertir les anciens bureaux d’AstraZeneca et Thérabel Pharma en logements revient, lui aussi, après avoir été recalé. IEB avait, à l’époque, critiqué la densité du projet et l’opération de démolition-reconstruction.

Ce projet fait également l’objet d’une demande de permis d’environnement. Les documents rectificatifs sont consultables sur openpermits.brussels.

Le retour de Tenreuken

31 août 2022

Trois immeubles de logements et 310 arbres abattus sur un terrain non-bâti en lisière de la forêt de Soignes. Ce gros projet qui a déjà suscité le mécontentement de ses riverain·es revient à l’enquête publique.

© ARAU

Avis favorable (sous conditions) pour le tram 10 à Neder-Over-Hembeek

24 août 2022

Pour rappel, la STIB a introduit une demande de permis relative à la création d’une ligne de tram entre Rogier et l’Hôpital Militaire qui passerait par le pont Van Praet. Les motivations principales du projet, telles qu’exposées dans la note explicative, étaient celles de répondre à l’enclavement de NOH et d’augmenter la performance du tram 7 qui aujourd’hui partage partiellement son tracé avec le tram 3 (de Van Praet au Heysel). Cette situation affecte la performance de cette ligne de rocade, alors que l’intention affichée du gouvernement est de densifier, notamment par la création de « pôles de développement », la seconde couronne orientale précisément desservie par la ligne 7.

Si nous avons soutenu le principe de cette nouvelle ligne de tram, il reste que son tracé, qui emprunte des voiries très étroites, semble fortement susceptible de a) réduire l’effectivité de l’un des autres objets du permis, à savoir requalifier l’espace public et b) compliquer l’application du principe STOP1. En outre, même prolongée, l’enquête publique ne nous a pas semblé suffisante pour analyser et saisir tous les enjeux de ce dossier.

Le projet a été fortement contesté par les riverains, à en juger par le nombre de pétitionnaires, d’avis rendus lors de l’enquête publique (777) et de critiques émises à l’occasion de la concertation. Ces critiques portaient notamment sur les impacts du chantier et du tram (bruit, vibrations) ainsi que la suppression d’emplacements de parking, jugée démesurée par de nombreux intervenants. Quant à l’association DRP (Droit de rouler et de parquer), elle estime que le le « tram est moyen de transport obsolète, peu flexible et très impactant pour l’environnement » et qu’il « manque d’audace sur le plan écologique ». Audace qui aurait pu s’exprimer, pour l’association, dans le choix de bus électriques bi-articulés.

Il aura fallu deux réunions aux instances siégeant en Commission pour émettre un avis. Les conditions émises renvoient à des ajustements au niveau de l’aménagement et du marquage des voiries ainsi qu’aux aspects environnementaux (végétalisation, perméabilité des sols et infiltration des eaux, aménagement d’un écoduc et attention plus forte à la faune – batraciens, chauves-souris). Selon le site dédié au tram 10, la ligne devrait être inaugurée à l’automne 2024.