Inter-Environnement Bruxelles
© IEB - 2021

Marcher pour le Marais Wiels

© Inter-environnement Bruxelles - 2022

Ce dimanche 15 mai avait lieu la marche pour le Marais Wiels, « quatrième étape pour la défense des sites naturels bruxellois menacés ». Celle-ci a regroupé plusieurs centaines de personnes – un millier selon certain·es – sous un soleil aussi agréable qu’inquiétant au regard des bouleversements climatiques qu’il pointe.

En effet, depuis 2007, un marais et sa roselière s’installent patiemment sur la friche des anciennes brasseries Wielemans Ceuppens à Forest, entre l’avenue Van Volxem et les rails de chemin de fer. La nature s’étend sans permission et les riverains, promeneuses de chiens, promeneurs d’enfants, d’appareils photo, chineurs d’oiseaux rares et amoureuses de solitude aqueuse se sont entichées du lieu. JCX Immo, une émanation de la SA Blaton avait cherché à construire un complexe immobilier sur le site mais la société a vu ses projets recalés quelques fois. Fin octobre 2020, la Région annonce son rachat du Marais et du Métropole, projetant de redessiner (domestiquer ?) la zone en parc et d’y construire soixante logements “Citydev”. Les amoureuses et amoureux du lieu sont pour leur part déterminé·es à le défendre, dans son intégralité.

IEB ne peut que soutenir les défenseur·euses du Marais : en effet, les logements citydev – des logements acquisitifs financés avec de l’argent public mais destinés à la classe moyenne – ne répondent en rien au manque criant de logements abordables en RBC. Rappelons-le, plus de 51.000 ménages sont à l’heure actuelle toujours en attente d’un logement social. Par ailleurs, vu sa situation sur le sol marécageux du bassin versant forestois, prise entre les rails et la route, cette précieuse réserve de biodiversité ne se prête guère à l’urbanisation envisagée.

Cette marche et la dynamique plus large dans laquelle elle s’inscrit semblent enfin annoncer un changement de paradigme indispensable : il s’agit à présent de dépasser l’écologie de façade et d’œuvrer à l’impulsion de choix politiques conséquents en faveur de la défense du vivant, humain et non-humain. Et l’exercice ne sera pas simple, dans la mesure où de nombreux facteurs poussent à une mise en concurrence entre urgences environnementales et sociales, notamment en matière de droit au logement. Et si la volonté de convergence existe bien, elle ne sera pas aisée à mettre en œuvre. C’est pourtant la condition sine qua non si nous voulons éviter l’exclusion d’une part du vivant de nos luttes.