Inter-Environnement Bruxelles
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Friche Josaphat : pour une ville qui réconcilie nature et logement

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Des membres du gouvernement socialiste bruxellois ont réaffirmé le 20 septembre dernier leur volonté de bâtir sur 42 hectares de zones naturelles à Bruxelles, dont la friche Josaphat. Au nom du droit de tou·te·s les Bruxellois·es à avoir accès à un logement abordable ET à la nature, le collectif Sauvons la friche Josaphat et l’ensemble des associations et collectifs signataires rappellent leurs positions, dans une perspective plus large.

« Quand le climat se dérègle, quand le béton envahit le vert de la ville, quand la biodiversité se casse la figure, les groupes les plus fragiles souffrent en premier. Pour eux comme pour de nombreux autres citadins, la nature en ville et ses bienfaits doivent profiter à tous, à commencer par les plus vulnérables. La vraie justice sociale, c’est bien la nature et le logement, pas l’un ou l’autre » déclare Pierre Ryckmans, porte-parole du collectif Sauvons la friche Josaphat.

Bruxelles manque de logements abordables

Bruxelles ne manque pas d’immeubles mais de logements abordables. Le but est de loger des gens à des prix raisonnables, pas de soutenir la promotion immobilière. La reconversion et la rénovation d’immeubles existants est une des priorités. La Secrétaire d’Etat au Logement ne dit pas autre chose en se félicitant de la rénovation de 18.467 logements, tandis que 13.435 autres sont en passe de l’être.

La friche Josaphat : réservoir de biodiversité et symbole d’un nécessaire changement de paradigme.

20.000 personnes ont signé la pétition Stop Béton à Bruxelles : Sauvons la friche Josaphat, visant à arrêter d’artificialiser les sols vivants, 8.000 suivent les réseaux sociaux dédiés, plus de 1.000 personnes ont marché le 13 mars 2022 autour du site. Le dossier a fait l’objet d’un rejet massif lors des enquêtes publiques (plus de 2.000 réactions négatives en novembre 2021).

Le site est un havre de biodiversité : plus de 1200 espèces différentes y ont été répertoriées. C’est un refuge bruxellois essentiel pour les abeilles, bourdons, libellules, papillons, et une étape cruciale pour les oiseaux en migration. La partie ouest est qualifiée de « zone de très haute valeur biologique » par Bruxelles Environnement.

Des collectifs et associations ont proposé plusieurs alternatives à la bétonisation du site.

Ces alternatives détaillées et motivées n’ont pas été écoutées par les pouvoirs publics. Pourtant, la friche Josaphat est une cuvette enclavée, humide en saison, au sous-sol lourdement pollué et traversée par une voie ferrée. La mobilité du quartier est déjà complexe, avec les transports publics et des voiries régulièrement saturés.

Nous demandons aux autorités de procéder au changement de paradigme qui s’impose et de réconcilier nature et logement, en retirant l’actuel projet de Plan d’Aménagement Directeur Josaphat de l’ordre du jour du Gouvernement bruxellois.