Un territoire sans 5G ? C’est possible et nécessaire ! – Assemblée citoyenne ce mardi 4 mai à Agoria !

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4 mai 2021 • Stéphanie D’Haenens

Ce mardi 4 mai à 9h, quelques dizaines de citoyen.ne.s se sont donné.e.s rendez-vous devant le siège d'Agoria (fer de lance du lobby pro-5G) afin de montrer à quoi pourrait ressembler un réel débat démocratique qui doit oser une question « radicale » : Souhaitons-nous le déploiement de la 5G aujourd’hui à Bruxelles, en Belgique … et ailleurs ? Des négociations sont en cours avec la police pour permettre aux différentes « bulles » de 10 personnes de rester une partie de la journée et discuter des différents enjeux de la 5G face à un comédien représentant Agoria et le monde des patron.ne.s pro-5G.

À cette occasion, plusieurs associations lancent la campagne Territoire sans 5G afin de doter les citoyens d’outils pour se mobiliser contre cette technologie, dans leur rue, leur quartier, leur commune, … et pour interpeller les mandataires communaux.

territoiresans5g.be propose une série d’actions et de ressources (balades de repérage des dispositifs de surveillance et d’antennes, conférences, discussions avec des personnes ressources, …) et met du matériel à disposition (affiche, flyer, …). Le site propose également des modèles d’interpellation et de motion à l’attention des citoyen.ne.s et des mandataires communaux, prêt.e.s à déclarer leur commune « sans 5G » comme d’autres se sont déclarées « hors TTIP » ou « hospitalière ». Un formulaire de mise en contact des citoyens d’une même commune facilite la coordination des actions (dans le respect du RGPD !).

Les communes participantes s’engagent à réaliser toutes les actions en leur pouvoir pour empêcher l’implantation de la 5G, ou à minima à demander un moratoire sur cette implantation. Il s’agit de prendre quatre engagements fondamentaux concernant le débat démocratique, l’environnement et l’énergie, la santé physique et mentale des citoyens et la protection de la vie privée.

À ce jour, une quarantaine de communes bruxelloises et wallonnes ont déjà pris une position contre la 5G.
Si la 5G est une promesse de progrès technique, elle n’est pas pour autant un progrès social ou écologique. Il s’agit davantage d’une trajectoire technologique imposée par les industriels et leurs lobbies afin d’assurer leurs intérêts financiers sans autre regard pour les multiples effets délétères qu’elle induira.

Alors même que le déploiement de la 5G est coulé dans l’accord de gouvernement bruxellois (Vervoort II), et que ce déploiement se prépare activement - des arrêtés sont en phase d’adoption pour permettre un déploiement « légal » de cette nouvelle technologie -, le Parlement bruxellois organise présentement une « commission délibérative », composée de 45 Bruxelloises et Bruxellois tirés au sort et de 15 parlementaires. Leurs « débats » sont programmées au mois de mai. Cette commission délibérative, première du genre, a pour mandat de formuler des recommandations en réponse à la question suivante : « La 5G (cinquième génération de réseaux mobiles) arrive en Belgique. Comment voulons-nous que la 5G soit implantée en Région de Bruxelles-Capitale, en tenant compte de l’environnement, de la santé, de l’économie, de l’emploi et des aspects technologiques ? ». Aucune connaissance préalable n’est requise des membres de la commission délibérative. Des « personnes-ressources » sont en effet invitées à leur fournir « une information complète, équilibrée et accessible sur les enjeux de la 5G. » Quels discours tiendront-elles dès lors que de nombreuses données manquent à l’instruction du dossier, voire sont inconnues ou sujettes à vives polémiques ? Comment sera-t-il tenu compte d’une vive opposition citoyenne alors même que tout l’arsenal juridique et technique est mis en place pour son déploiement imminent ?

La question à laquelle la Commission délibérative est invitée à répondre en ce mois de mai, impose à elle seule la soi-disant « urgence » et le caractère soi-disant inévitable de la 5G. Ce constat entre pourtant en contradiction avec le temps nécessaire aux études scientifiques, temps qui est nécessaire pour en démontrer (ou non) son caractère bénin sur la santé, mais qui est également nécessaire au « bon » exercice de la démocratie. Si le débat sur les normes d’émissions et le respect du principe de précaution en matière de santé occupe, à raison, une bonne partie de la place médiatique, les questions environnementales, sociales, éthiques et politiques que soulèvent la 5G n’en sont pas moins importantes et relèvent elles aussi d’un véritable choix de société.

Photos de l’action, libres de droit : https://cloud.ieb.be/s/3X62L9L4WRx5ibT