Le 18 décembre dernier, le Conseil d’État a décidé de suspendre le permis autorisant la démolition du Palais du Midi, opération qui est selon la STIB nécessaire à la construction d’un tunnel sous le bâtiment. Il a également suspendu la décision d’irrecevabilité de la demande de classement du Palais du Midi introduite par l’ARAU en août 2025, le Gouvernement ne s’étant pas tenu à l’obligation de se prononcer sur cette demande avant la délivrance du permis. Concrètement, le chantier à Stalingrad est bloqué le temps que le Conseil d’État se prononce sur l’annulation du permis de démolition, ce qui pourrait prendre un à deux ans.
Si la suspension du permis constitue indéniablement une victoire pour les requérants (IEB, l’ARAU, soutenus pas le Bral) ainsi que les riverain·es et usager·es du quartier, suffira-t-elle à sauver définitivement le bâtiment ? Rien n’est moins sûr : sans surprise, la STIB continue de recommander au Gouvernement la poursuite du Métro 3 [lire dans ce journal l’article p. 18-20], quitte à exploiter temporairement une demi-ligne Albert-Nord en tram le temps qu’une décision soit prise quant à la réalisation du tronçon Nord-Bordet. Une situation qui selon l’opérateur devrait perdurer une dizaine d’années – mais quel crédit peut-on encore accorder aux projections temporelles (et financières) de l’opérateur ? Du côté politique, ce n’est vraisemblablement qu’après la formation d’un gouvernement régional qu’on connaîtra le sort du Métro 3 ; à l’heure d’écrire ces lignes, une « pause » du projet serait sur la table bien que « certains travaux pourraient toutefois être finalisés, notamment sous le Palais du Midi, à condition qu’une étude indépendante démontre un coût nettement réduit pour la Région » [1].
Malgré les arrêts du Conseil d’État et la publication, deux mois auparavant, d’un audit cinglant de la Cour des comptes qui a incité le parquet à ouvrir une information judiciaire, le projet de Métro 3 n’est toujours pas enterré. Et le Palais du Midi toujours en proie à une démolition-reconstruction dont le chantier, qui impliquerait encore 13-14 ans de travaux, achèverait définitivement le quartier Stalingrad.
Inter-Environnement Bruxelles
[1] « Budget, administrations, Métro 3 : ce que propose la note d’Yvan Verougstraete », BX1, 27 décembre 2025.