Inter-Environnement Bruxelles
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Métro 3 : Stop au gouffre financier !

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« Comment la Région bruxelloise va-t-elle financer l’extension du métro ? », c’est à cette question que tente de répondre un article du journal l’Echo du 23 janvier dernier. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les réponses sont toujours aussi floues et peu rassurantes. Désormais évalué à 1,66 milliard d’euros, une somme forcément appelée à augmenter, le projet bénéficiera de 500 millions d’euros financés par l’État fédéral via Beliris (50 millions pendant 10 ans) tandis que tout le reste sera à la charge de la Région bruxelloise.

Interrogé par l’Echo, le ministre en charge des Finances et du Budget, Sven Gatz, déclare qu’« il ne sera plus tenable de continuer à investir, hors budget, 500 millions d’euros par an dans la mobilité ». Sa solution : consacrer l’entièreté de l’enveloppe « mobilité » de Beliris (c.-à-d. des fonds fédéraux au profit de Bruxelles), soit 125 millions d’euros par an, au seul projet de métro 3.

Quid, alors, des autres projets de mobilité, actuels et futurs (parmi lesquels on peut citer le Réseau vélo +, les réaménagements de la Toison d’Or et du boulevard Lambermont, l’érection de murs anti-bruits à hauteur du Ring d’Anderlecht ou encore la requalification en boulevard urbain de l’A12) bénéficiant d’une enveloppe annuelle de 75 millions ? Seront-ils purement et simplement abandonnés ? Mis « en pause indéterminée » ? « Même comme ça, il y aura encore des montants difficiles à boucler. Le solde devrait être intégré dans les investissements réguliers et il faudra faire des économies ailleurs. »

La menace de « définancements », de reports sine die ou d’abandons de projets en cours ou à venir est donc bien réelle ! IEB se joint à l’ARAU, aux comités d’habitant.e.s et aux experts de mobilité qui réaffirment qu’il est encore temps de faire marche arrière au profit de meilleures alternatives.