Inter-Environnement Bruxelles
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La mobilité douce au secours de la spéculation Avenue de Stalingrad ?

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Initialement mis à l’enquête publique du 24 aout au 22 septembre, le réaménagement de l’avenue de Stalingrad est remis à l’enquête jusqu’au 18 octobre. Le projet vise à éviter un réaménagement à l’identique suite aux chantiers en cours pour la station de métro Toots Thielemans. Le réaménagement propose notamment une circulation automobile revue sur une voie unique centrale (à la place de l’actuelle allée Rosa Luxemburg), un élargissement des trottoirs, la création de deux pistes cyclables et la mise en place de nouvelles plantations (mais dans une proportion moindre qu’avant) d’essences diverses pour remplacer tous les platanes tronçonnés dès le premier jour du chantier actuel. Si d’un point de vue de mobilité, le réaménagement fait sens afin de limiter le trafic de transit amplifié par la piétonisation des boulevards du centre, on ne peut toutefois que regretter l’absence totale de réflexion sur les conséquences sociales de ce réaménagement dont l’objectif est aussi et avant tout de « renforcer l’attractivité » du quartier (pour les nouveaux habitants ? Les investisseurs ?) et de le « rendre vivant ».

Alors que les études d’incidences réalisées pour la station de métro avaient démontré que la hausse des valeurs immobilières et la gentrification dans le quartier constituaient le corollaire de l’ouverture d’une station de métro, il ne semble qu’aucune mesure ne soit prise pour contrer cet état de fait. Pire, en proposant un réaménagement plus qualitatif et vert au moment même où le quartier est encore éventré, la Ville de Bruxelles réunit toutes les conditions pour que la spéculation immobilière fasse son œuvre. La volonté d’installer l’harmonica géant de Toots Thielemans à l’entrée du quartier vient se rajouter aux voix qui s’élèvent pour changer le nom de l’avenue de Stalingrad (trop communiste, trop russe…) et renseigne assez bien quant à la volonté de façonner une nouvelle image au quartier, facilement identifiable par les touristes, au détriment de son identité actuelle. Un quartier décrit en creux donc comme ni assez vivant, ni assez attractif.