En échange de quelques compensations, le Conseil communal de la Ville de Bruxelles a voté ce 27 juin la déviation du sentier du Keelbeek, dont le tracé faisait obstacle à la réalisation du projet de méga-prison. Les habitants de Haren se sentent une nouvelle fois trahis...
Ce même plan de réalignement avait pourtant essuyé un refus par ce même Conseil le 15 octobre 2015, une décision motivée entre autres par l’absence de compensations suffisantes pour la perte d’un espace vert. La Ville de Bruxelles dénonçait alors les problèmes liés au trafic routier mais aussi les demandes d’aides sociales pour les détenus occasionnant une surcharge financière pour le CPAS.
Les modifications obtenues et les compensations négociées aujourd’hui sont purement cosmétiques mais le Conseil communal a décidé de s’en accommoder.
L’obstacle sera donc contourné et le sentier ainsi déplacé quelque peu élargi pour longer le mur d’enceinte de la prison. Les habitants obtiennent un parc de deux hectares et une passerelle pour compenser la suppression de 18 hectares de nature et l’arrivée d’un village carcéral de 1 200 places dans le paysage harenois. Quels arrangements ont eu lieu entre la Ville et la Région ? Nul ne le sait. Toujours est-il que les habitants se sentent trahis une fois encore (lire les réactions du Comité de Haren).
Ce projet dévastateur, dont aucun politique n’endosse la responsabilité, se contentant de renvoyer à des accords pris par d’autres en amont, va à l’encontre des intérêts de l’environnement, de la population, des détenus et de la justice. La Ville de Bruxelles en lâchant le sentier et les habitants a décidé de prendre un chemin plus sombre où l’homme n’est plus qu’une marchandise et la justice bien malmenée.