Inter-Environnement Bruxelles

Des centaines d’arbres abattus à la cité administrative de l’État

© Comité de quartier Notre-Dame-aux-Neiges

Malgré les protestations répétées des habitant·e·s et les recours introduits devant le Conseil d’État, des ouvriers sont en train d’abattre des centaines d’arbres sur le site de l’ancienne Cité administrative de l’État et ceci de manière particulièrement brutale (voir photos et notamment l’état des souches et des troncs). Ceci sans le moindre avertissement.

La plupart de ces arbres ont été plantés sur initiative de l’architecte paysagiste René Pechère.

Le site comprenait 397 arbres à haute tige dont 224 platanes dans la partie du jardin « organique » et 173 arbres dans la zone des futures constructions.

Le permis d’urbanisme délivré le 6 août 2019 a autorisé l’abattage de l’ensemble de ces arbres alors même que le Plan Particulier d’Affectation du Sol (PPAS) « Pacheco » prescrivait le maintien en bonne santé des arbres à la seule exception de la construction d’un nouveau bâtiment au droit de leur implantation (prescription 2.9.4.3, al. 3, du PPAS).

Dérogation mal justifiée qui viole le PPAS

Le permis d’urbanisme viole le PPAS en accordant l’abattage des 224 platanes de l’allée conçue par Pechère. La Région motive cette dérogation par la nécessité de refaire l’étanchéité du toit des parkings. Cependant, aucun document d’expertise n’a été fourni en ce sens lors de l’enquête publique, c’est-à-dire quand cela devait être légalement produit.

Plusieurs recours ont été introduits contre le permis d’urbanisme accordé par la Région de Bruxelles-Capitale au projet immobilier appelé RAC4 sur le site de l’ancienne Cité administrative de l’État. Parmi eux, un recours devant la Chambre néerlandophone du Conseil d’État et un recours devant la Chambre francophone du Conseil d’État, ce dernier introduit par Inter-Environnement Bruxelles, auquel est affilié le comité de quartier Notre-Dame-aux-Neiges, riverain de la Cité administrative.

La procédure écrite en français devant le Conseil d’État est terminée depuis octobre 2020. La fixation de l’affaire à l’audience ne devrait pas tarder.

Prendre de court le conseil d’État

Les responsables des sociétés qui portent le projet RAC4 (Immobel et Skyline Europe) ont manifestement décidé de détruire les arbres et de couper court au résultat de la procédure en annulation devant le Conseil d’État. Ils en portent la responsabilité... Mais de fait ce sont les habitants, les riverains et, plus globalement, le climat qui en porteront le poids, car plusieurs années passeront avant que de nouveaux arbres soient plantés et qu’ils atteignent une hauteur protectrice.

L’abattage des arbres est d’autant plus grave que le site de la Cité administrative est particulièrement exposé au phénomène d’îlot de chaleur urbain et que le réchauffement climatique impose au contraire la multiplication des arbres à haute tige.

Par ailleurs, il semble que les ouvriers ont reçu instruction de prétendre que le Comité de quartier avait été rencontré et qu’il serait d’accord. C’est totalement mensonger.