Inter-Environnement Bruxelles
© Matthias Forster - 2021

Démolition ce jour des entrepôts Delhaize le long du canal : les fantômes du Quartier Nord ressurgissent

Le dossier des entrepôts Delhaize illustre le retour de pratiques urbanistiques anti-citoyennes, à la limite de la légalité et, au final, anti-urbaines. Le quartier Nord redeviendrait-il le symbole d’un certain « urbanisme à la VDB » ? Alors que les démolitions de ce bâtiment industriel remarquable viennent de débuter, Pétitions-Patrimoine et Inter-Environnement tiennent à rappeler un certain nombre d’éléments importants de ce dossier.

Démolition des entrepôts Delhaize - 28 aout 2008

Tout d’abord, le permis de démolition a été accordé par la Ville de Bruxelles sans projet de reconstruction. C’est une pratique que Pétitions-Patrimoine et Inter-Environnement jugent très peu responsable de la part d’un pouvoir public. Ce dernier devient entièrement dépendant du bon vouloir du promoteur. De plus, la Ville risque de se retrouver avec une friche désolée sur les bras si le promoteur ne tient pas ses promesses. Dans ce cas-ci, précisément, l’adiministrateur-délégué d’Atenor (promoteur du projet) Monsieur Sonneville, a rencontré plusieurs associations (l’ARAU, IEB et Pétitions-Patrimoine) le 15 février 2008 pour leur certifier qu’il ne mettrait pas en œuvre la démolition des entrepôts Delhaize avant que le PPAS (le Plan Particulier d’Affectation du Sol) qui règle les affectations et les gabarits de la zone ne soit finalisé. Or, ce projet de PPAS est loin d’être finalisé puisqu’il n’est même pas encore passé à l’enquête publique pour recevoir l’avis des citoyens ! « La parole du promoteur, élément essentiel du dossier, semble donc peu fiable sur ce point-là, qu’en sera-t-il de ses autres promesses ? » questionnent les asbl.

Second élément, la presse (article du journal Le Soir de ce 22 août) indique que le projet, sans aucun permis et dans une zone sans PPAS finalisé, a déjà ses premiers locataires ! Le promoteur doit être bien sûr de son coup pour déjà mettre en location ses bureaux avec une date d’occupation. Cet élément montre que tout est fait à l’envers : un promoteur loue ses bureaux, puis il obtient son permis d’urbanisme, puis, enfin, un PPAS couvre la zone et donne l’encadrement légal à l’ensemble. « C’est exactement l’inverse de la procédure légale ! » constatent, effarés, les comités habitants. « Comment voulez-vous encore croire que les citoyens ont la moindre chance d’être entendu dans un cirque pareil ? Tout se passe en coulisse et l’habitant n’a jamais droit à la parole » s’offusquent-ils.

Enfin, les bâtiments Delhaize ont fait l’objet d’une demande de classement par pétition citoyenne. Cette pétition ayant reçu un avis très positif de la Commission Royale des Monuments et Sites, le Gouvernement bruxellois avait l’obligation d’ouvrir une procédure de protection temporaire de deux ans pour évaluer la pertinence d’un classement. Le gouvernement n’a pas rempli son obligation et a même, contre toute attente, fait exactement l’inverse de ce que les citoyens bruxellois lui demandaient : il a pris une décision de non-classement.

Dès sa genèse, tout ce projet est donc entaché d’irrégularités constantes et systématiques en faveur du promoteur et en défaveur des habitants, de leur cadre de vie et de leurs droits.

Contact pour ce dossier : Pétitions-Patrimoine, 0493/179 636.

- Pétitions-Patrimoine asbl, 19 rue du Marteau, 1000 Bruxelles.

- Inter-Environnement Bruxelles, 165 rue du Midi, 1000 Bruxelles.