Inter-Environnement Bruxelles
© Matthias Forster - 2021

Brèves d’ici et d’ailleurs

Première bougie vacillante pour Docks Bruxsel, dossier sur les logements de type Airbnb, Cureghem criminalisé plus que criminel, fermeture du café Le Coq à Ixelles, un méga centre commercial enterré par des activistes à Valparaiso, les associations sont les nouvelles bêtes noires des entreprises.

© IEB - 2021

Brèves d’ici…

Une première bougie vacillante pour Docks Bruxsel
Hier, les gestionnaires de Docks Bruxsel annonçaient avec tambours et trompettes avoir atteint 5 millions de visiteurs, un an après l’ouverture du centre commercial. Mais la réalité est moins rose qu’il n’y paraît. Rappelons que les développeurs annonçaient au départ un chiffre de 8 millions de visiteurs ramené ensuite à 6 millions pour finalement plafonner à 5 millions. Un chiffre honorable toutefois mais dans lequel il faut englober tous les curieux des premiers jours d’ouverture. Rappelons également que Docks est avant tout un projet spéculatif. Un mois à peine après son ouverture, Equilis annonçait la mise en vente du tout frais émoulu centre commercial à un prix de plus de 300 millions d’euros, une belle plus-value de 90 millions d’euros par rapport à l’investissement de départ (210 millions). Dans un contexte de surenchère d’offre commerciale, tous les shoppings bruxellois sont obligés aujourd’hui de se rénover (ce qui a du sens) et de s’étendre (ce qui en a moins) pour capter un chaland dont le pouvoir d’achat ne grandit pas, et ce, alors que NEO et ses 72 000 m² de commerces ne sont pas encore sortis de terre. Il est temps que la Région dispose d’un schéma de développement commercial pour mettre de l’ordre dans ce chaos consumériste.
Source : http://www.ieb.be/article33334.

Logements de type Airbnb : la synthèse du dossier
Des troubles de voisinage causés par un logement de type Airbnb à la rue Souveraine sont à l’origine de ce dossier du Comité XL-Nord. Le problème de départ est désormais résolu : des habitants vont occuper la maison litigieuse, avec un bail de longue durée. À partir de ce cas particulier, le comité a commencé une réflexion de grande ampleur et continue ses démarches. Le comité a donc fait un tour des partis politiques et de quelques groupes de pression pour tâter le terrain et discuter d’un projet de modification de l’ordonnance régionale qui régit les locations du type Airbnb. L’accueil a été généralement assez favorable. Finalement, le comité en tire un court dossier de synthèse qui reprend à la fois les lacunes du texte actuel et les solutions proposées (qui sont calquées sur le règlement adopté à Paris).
Infos : xlnord.hotelspirates@yahoo.com.
Lire la synthèse : www.ieb.be/IMG/pdf/dossier-airbnb_synthese_xl-nord_26jan18.pdf.

Cureghem, un quartier criminalisé plus que criminel
L’Université Populaire d’Anderlecht (UPA) est nichée au cœur de Cureghem dans le Centre Euclides depuis maintenant 5 ans. Pour elle c’est tant son quartier d’adoption qu’une véritable source d’inspiration. Elle accueille chaque semaine plus de 250 personnes autour de diverses activités et édite depuis quelques temps une revue. Le 3e numéro de « La Mauvaise Herbe » fait suite à un événement qui a interpellé l’UPA : l’attitude criminalisante de la police à l’entrée du festival qu’elle organisait au parc de la Rosée en 2017. Fidèle à sa philosophie de mise en débat, l’UPA s’est saisie de ce fait pour organiser une journée d’étude le 8 novembre dernier : « Cureghem criminelle ? 100 ans d’histoire des relations avec les forces de l’ordre ». Ce dossier se nourrit de diverses contributions externes : Yasmina Zian (doctorante à l’ULB), Anthony Pregnolato (Université de Paris-Nanterre), une rencontre de Vital Marage (Service de prévention de la commune d’Anderlecht) et Claire Scohier (IEB). Il aide à analyser et déconstruire l’image criminalisante de Cureghem tant à la lumière de l’histoire que de faits plus récents mettant en relation les habitants et les forces de l’ordre. Il pose également la question du rôle endossé par les uns et les autres (les médias notamment) dans le renforcement de cette image stigmatisante…
Infos et abonnements : 02/529 00 01, info@universitepopulairedanderlecht.be, www.universitepopulairedanderlecht.be.

Un café, c’est tout un monde
Ixelles. La fermeture annoncée d’un vieux bistrot d’habitués pour le remplacer par un « concept » branché a provoqué une vague de protestations. Les habitants du quartier s’opposent à ce processus de gentrification. Mais la multinationale AB InBev, à qui appartient le commerce, est restée intraitable. Petite histoire d’une lutte urbaine, où comme souvent, le local rejoint le global.
Source : www.entonnoir.org/2018/01/09/un-cafe-cest-tout-un-monde/.

… et d’ailleurs

À Valparaíso, des activistes enterrent le projet d’un méga centre commercial face à la mer
La Cour suprême du Chili a déclaré illégal en fin d’année dernière le permis de construire du Mall Plaza Barón, qui devait s’ériger sur le front de port de Valparaíso. Cette victoire citoyenne est l’aboutissement d’une décennie de bataille sociale et juridique, avec l’aide de la gauche alternative qui dirige cette ville emblématique d’Amérique latine depuis 2016.
Source : https://www.mediapart.fr/journal/ international/250218/valparaiso-des-activistes-enterrent-le-projet-d-un-centre-commercial-face-la-mer.

Les associations, nouvelles bêtes noires des entreprises
Mieux armées techniquement, les ONG attaquent plus fréquemment les groupes en justice. Cette guérilla les médiatise et mobilise leurs militants. En réaction, les entreprises les traînent devant les tribunaux. Il y a un foisonnement de mobilisations et un élargissement du mode d’action au recours contentieux. La montée en compétence technique des associations, leur capacité à collaborer avec d’autres ONG, en mutualisant les frais de justice, expliquent ce mouvement de fond. Mais pour certaines multinationales, la meilleure défense est l’attaque… juridique. Les entreprises sont clairement dans une volonté d’intimidation, car les associations n’ont pas les moyens financiers pour faire face à une multiplication des procédures. Pour schématiser, les multinationales veulent faire comprendre aux ONG qu’elles doivent s’occuper de missions caritatives, pas de leur business.
Source : www.lemonde.fr/economie/article/2018/02/16/les-associations-nouvelles-betes-noires-des-entreprises_5257945_3234.html.