Inter-Environnement Bruxelles
© Matthias Forster - 2021

Patrimoine

B. Critique du patrimoine esclavagiste et colonial, une conjoncture internationale

20 novembre 2018Véronique Clette-Gakuba, Martin Vander Elst

Mars 2016, une jeune afro-américaine de Charlottesville, Zyahna Bryant, lance une pétition en ligne pour demander l’enlèvement de la statue équestre de Robert Edward Lee, du nom d’un soldat confédéré édifié dans les années 1920, à l’époque des lois ségrégationnistes Jim Crow. Considérant ce monument comme offensant, Zyahna Bryant demande de changer le nom du parc. Le conseil municipal de Charlottesville vote à la majorité l’enlèvement de la statue et à l’unanimité le renommage du parc en « Emancipation... Lire la suite.
© Théophile de Giraud - 2021

A. Chronologie partielle de la contestation des statues coloniales en Belgique

20 novembre 2018Lucas Catherine

La ’dernière vague’ de cette contestation suit la parution du livre « Les Fantômes du roi Léopold » d’Adam Hochschild (1998), qui se base sur le travail de deux auteurs belges : d’une part, « Rood Rubber » de Daniel Vangroenweghe (1985, « Du Sang sur les lianes » en français). Hochschild utilise le livre et les photos. Quelqu’un du Musée de Tervuren m’a dit dans le temps : « Il est passé ici comme un touriste, il n’a même pas demandé ces photos au Musée. » D’autre part, il y a les travaux de A.M. Delathuy qui... Lire la suite.
© Théophile de Giraud - 2021

Une tentative de décolonisation de la statue de Léopold II

20 novembre 2018Véronique Clette-Gakuba, Martin Vander Elst

« […] monde de statues : la statue du général qui a fait la conquête, la statue du général qui a construit le pont. Monde sûr de lui, écrasant de ses pierres les échines écorchées par le fouet. Voilà le monde colonial. » Frantz Fanon, Les damnés de la terre Cet article vise à effectuer un retour critique – à l’occasion de ce numéro de Bruxelles en mouvements consacré aux « traces » coloniales dans la géographie bruxelloise – sur une tentative d’instauration d’un contre-monument à la statue équestre de... Lire la suite.

Une saison au Congo : souvenirs de la saga

20 novembre 2018Rudi Barnet

C’est en 1965 que j’ai découvert Une saison au Congo, d’Aimé Césaire, qui venait d’être éditée. Cette pièce racontait, dans un langage poétique, la vie et la mort de Patrice Lumumba comme aucun media belge n’en avait parlé. C’était le temps où le nom de Lumumba, assassiné en 1961, était synonyme de fou sanguinaire. Dans l’hebdomadaire Pourquoi pas ?, Serge Creuz excitait la population avec ses caricatures qui montraient un monstre martyrisant les braves colons belges et violant les bonnes... Lire la suite.

Le square Lumumba, une place avec une histoire (anti)coloniale

20 novembre 2018Lucas Catherine

La place en honneur de Patrice Lumumba a été inaugurée le 30 juin 2018. À première vue elle se trouve dans un coin un peu perdu entre la place du Champ de Mars et le Square du Bastion, un coin que beaucoup de gens croyaient être territoire d’Ixelles. Elle est de l’autre côté de la petite ceinture, et quand même territoire de la Ville de Bruxelles. Un caprice de l’histoire.

La verdure de Bruxelles, don du peuple congolais ?

20 novembre 2018Lucas Catherine

Le roi Léopold II disait : « Une ville comme Bruxelles doit être belle… Il faut, à une grande cité, de l’air et de l’espace. Il faut convier sa population à jouir des avantages de la campagne sans l’astreindre à de trop grands déplacements… Il faut chercher à embellir le centre du gouvernement ! » Son problème était le financement. La solution vint du Congo et c’est avec de « l’argent noir » qu’il fit de Bruxelles une « ville verte », à commencer par son propre parc privé, le domaine de Laeken, dont il... Lire la suite.

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Empreintes du Congo belge dans l’espace public bruxellois

20 novembre 2018Thibault Jacobs

L’empreinte du Congo belge et de la colonisation dans les rues bruxelloises est forte. De nombreux noms de rues et monuments honorent des hommes, des lieux et des évènements liés à l’histoire de l’ancienne colonie. Sur le plan qui suit, nous avons cartographié chacune de ces mentions. L’emploi de ces noms au quotidien peut avoir tendance à leur ôter tout caractère humain. Les patronymes deviennent simples toponymes, une statue simple point de repère ou lieu de rendez-vous. Ils sont pourtant... Lire la suite.
© Anne Waerenburgh - 2021

La banane : son tour du monde et son arrivée via le Congo à Bruxelles

20 novembre 2018Lucas Catherine

La banane a pris son temps pour arriver à Bruxelles. Elle est originaire d’Asie du Sud-Est et elle s’est répandue vers l’Inde, la Chine, et en Indo-Chine. Quand les Arabes ont fondé leur empire mondial ils ont introduit la banane dans la Péninsule Arabe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Déjà au neuvième siècle, ces mêmes Arabes l’ont introduite en Andalousie, surtout dans la région autour de Grenade. Quand les Espagnols et les Portugais ont conquis l’Andalousie ils ont repris la culture de la banane et,... Lire la suite.
© IEB - 2021

Le Congo et le chocolat : repères historiques

20 novembre 2018Lucas Catherine

Le Marché de Sainte-Catherine et le Vismet (Marché aux poissons) étaient au début du vingtième siècle connus comme « Le Ventre de Bruxelles ». Dans ce quartier, on commercialisait aussi certains produits coloniaux de « notre » Congo : surtout les bananes, qui étaient dans le temps un produit de luxe, et le cacao. Il y avait aussi le café du Congo et le tabac, mais c’est surtout le cacao congolais qui a influencé le goût des Belges pour le chocolat. Quand le premier cacao est arrivé d’Amérique latine on... Lire la suite.
© IEB - 2021

La violence de la douceur

20 novembre 2018Gérald Hanotiaux

Porter son attention sur les traces de la colonisation à Bruxelles mène logiquement à la statue du roi Léopold II, propriétaire sanguinaire du Congo, au boulevard portant son nom, ou à d’autres lieux commémoratifs dans la ville. Et si l’héritage colonial se situait plus près encore de notre intimité ? Par exemple sur nos papilles gustatives, lors du dépôt d’un morceau de ce célèbre chocolat belge… Notre gourmandise d’enfant des années 1980 s’en souvient encore : arriver de Charleroi et poser le pied en... Lire la suite.