Inter-Environnement Bruxelles
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Le moratoire sur les expulsions locatives, partie intégrante des mesures de maitrise de l’épidémie, doit être prolongé
par Sarah De Laet

Le 24 mars dernier, le Comité de concertation a annoncé un « ensemble de mesures de temporisation qui doit faire en sorte d’inverser cette tendance haussière, tant au niveau du nombre de cas que des hospitalisations », parmi lesquelles le télétravail obligatoire et le « respect par la population des mesures sanitaires en vigueur ».

Le lendemain, le Gouvernement bruxellois prolongeait le couvre-feu de 22 à 6 heures. Cette mesure suppose, sans jamais le mentionner, de pouvoir disposer d’un logement.

Pourtant, le moratoire sur les expulsions locatives, censé expirer quelques jours plus tard – le 31 mars, soit aujourd’hui même –, n’a pas été prolongé lors de l’annonce de ces mesures. Sa prolongation éventuelle sera discutée ce jeudi 1er avril, au lendemain de l’expiration de la période de moratoire en cours.

A défaut de prolongation, les expulsions locatives pourront donc être exécutées dès demain jeudi 1er avril. Des dizaines, des centaines de familles sont menacées d’être privées de logement à Bruxelles du jour au lendemain. Aux drames « ordinaires » que génèrent les expulsions – traumatismes, surendettement, sans-abrisme – va donc s’ajouter un risque majeur d’engorgement des structures d’accueil d’urgence.

La Plate-Forme Logement dénonce ce traitement de la question des expulsions en période d’épidémie et sa dissociation avec les autres mesures : l’annonce d’une prolongation des mesures sanitaires devrait inclure par principe la prolongation du moratoire sur les expulsions, et celui-ci doit s’étendre au-delà de la fin du confinement. En effet, si la jouissance d’un logement hors crise sanitaire est une nécessité pour chacun et chacune, le couvre-feu et les effets des mesures liées au coronavirus la rende indispensable. Les prolongations mensuelles du moratoire sont source d’un stress majeur pour les locataires vulnérables, qui subissent de plein fouet des pertes de revenu qui ne prendront pas fin avec le déconfinement annoncé.

Les multiples recours en justice contre le moratoire ont tous été rejetés à ce jour.

C’est pourquoi nous demandons une prolongation du moratoire de plusieurs mois au-delà du moment du déconfinement, pour permettre à tous les ménages en difficulté de trouver une solution durable, ainsi qu’un véritable plan d’accompagnement de sortie du moratoire pour les ménages en risque d’expulsion.

En tout état de cause, le moratoire doit impérativement être prolongé par le Gouvernement bruxellois ce jeudi 1er avril, sous peine de conséquences sociales et sanitaires disproportionnées.