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Yvan : « le meilleur en expulsion »...

Publié le mercredi 24 juin 2009, par IEB

Ce mardi 23 juin 2009, dans le cadre d’une négociation de relogement des locataires de l’îlot Pavie-Louvain-Carrousel à Bruxelles, plusieurs associations de défense pour le droit à un logement décent ont été priées de déguerpir comme de vulgaires malpropres des locaux du CPAS de la Ville de Bruxelles, sous l’injonction du président du CPAS Monsieur Yvan Mayeur.

L’îlot Pavie-Louvain-Carrousel fait l’objet d’un projet de démolition/rénovation porté par la SABH et le CPAS de la Ville de Bruxelles, et financé par des subsides régionaux. Cette subvention publique oblige notamment le propriétaire à reloger les locataires, non à les expulser, comme cela a été tenté, en vain, par la SABH. Une récente décision (18 mai 2009) de justice de paix du 3e canton de la Ville de Bruxelles a en effet condamné le propriétaire à reloger une de ces familles sous le coup d’une expulsion. A la suite d’une interpellation publique du secteur associatif et des habitants de l’îlot au Conseil Communal de la Ville de Bruxelles, en date du 18 mai 2009 (qui avait pour objet de demander l’arrêt des expulsions et la garantie de relogement de chaque locataire actuel à des loyers conformes à leurs faibles revenus avec la possibilité de revenir habiter sur place. Voir Interpellation au conseil communal : stopper les expulsions et reloger les locataires), Monsieur Yvan Mayeur (CPAS) et Madame Halabi (Présidente de la SABH) proposèrent une rencontre à l’antenne du CPAS sise rue Van Campenhout, 16, ce mardi 23 juin à 10h du matin. La rencontre était organisée par une association de défense de locataires.

La réunion dérapa très rapidement sitôt les questions de fonds posées, tantôt par certains habitants, tantôt par une des associations présentes à la négociation. Echaudé par la pertinence des revendications et conforté par le silence de la présidente de la SABH, Madame Halabi, le Président du CPAS, Monsieur Mayeur, revendiqua qu’il était seul maître à bord et que ses positions ne souffraient aucune contestation. Il décréta subitement persona non grata toutes les associations présentes à la négociation et menaça ces dernières de les faire expulser par les forces de l’ordre si elles ne quittaient pas les lieux.

Le Syndicat des locataires, Le Front Commun des SDF, L’Union des Locataires Marollienne, Inter-Environnement Bruxelles et L’O.N.H.U., dénoncent aujourd’hui l’attitude scandaleuse de Monsieur Yvan Mayeur et de Madame Halabi. Les propos tenus notamment par le Président du CPAS sont indignes d’un responsable politique ayant en charge l’aide aux personnes démunies.

Les associations étaient présentes à la demande des locataires et pour un dossier qu’elles suivent depuis maintenant deux ans.
Le but des associations était de veiller à ce que les droits des locataires soient respectés :

  1. Pas d’expulsion sans relogement.
  2. Pas d’augmentation de loyer (ou adaptation raisonnable compensée par les ADIL, comme promis lors de l’interpellation au conseil communal).
  3. Proposition négociée de relogement pour chaque locataire (et non imposée).
  4. Possibilité pour ceux qui le souhaitent de revenir habiter sur place.

Prises de position

Dernier ajout : 19 octobre.