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Utiliser des personnages pour enfants pour vendre de la charcuterie n’est pas une bonne idée, selon les experts

Publié le dimanche 8 juillet, par Web editor

Douze marques de charcuterie vendues dans les supermarchés belges ciblent les enfants par leur emballage ou l’aspect de leurs produits. Elles exploitent des techniques de marketing pour influencer parents et enfants. C’est ce qu’il ressort d’un nouveau rapport de l’Université de Gand.

À la demande de Greenpeace, le Center for Persuasive Communication (Université de Gand) a réalisé une étude indépendante sur les méthodes de promotion de la charcuterie auprès des jeunes enfants. Au total, les chercheurs ont trouvé dans les supermarchés belges 12 marques de ce type de produits qui ciblent directement les enfants par leur emballage et leur aspect.

 

Lorsqu’on s’intéresse de près au marketing de ces produits, on constate que des trucs bien connus servent à appâter les enfants : la forme particulière ou l’aspect unique de la charcuterie, des couleurs vives, des allégations nutritionnelles et bien entendu l’utilisation de petits personnages que les enfants aiment bien. Les emballages de charcuterie pour enfants rayonnent de joie, de plaisir et de bonheur. Une étude précédente montre également que l’emplacement de ces produits dans les magasins, à la hauteur des yeux des enfants, peut inciter les enfants à casser les pieds de leurs parents jusqu’à ce qu’ils les achètent.

 

“Les emballages qui ciblent spécifiquement les jeunes enfants sont souvent illustrés de personnages populaires ou contiennent des éléments qui portent à croire que les enfants appartiennent au groupe cible. De plus, ces produits sont souvent placés à la hauteur des yeux des enfants dans les magasins. Des recherches antérieures ont démontré le pouvoir de persuasion de ces méthodes. C’est pourquoi nous demandons d’utiliser ces techniques de marketing avec prudence”, expliquent Liselot Hudders et Dieneke van de Sompel, professeurs de communication marketing et de psychologie des consommateurs au Center for Persuasive Communication de l’Université de Gand.

 

>> Notre note d’information vous en dira plus sur notre rapport.

 

Un impact sur le climat

Ce marketing a également un impact indirect sur notre planète qui ne peut être minimisé. “Pour lutter contre le changement climatique, il est nécessaire que nous divisions tous notre consommation de viande par deux d’ici 2050. C’est pourquoi il est particulièrement important que nos enfants prennent de nouvelles habitudes alimentaires et ne soit plus incités à manger de la charcuterie par de telles techniques de marketing”, déclare Sébastien Snoeck, spécialiste de la viande et de l’élevage chez Greenpeace Belgique.

 

Greenpeace milite pour moins de viande, et de meilleure qualité. Notre alimentation a des impacts non seulement sur notre santé, mais aussi sur le climat, l’eau et les forêts. L’organisation environnementale appelle les entreprises à participer à la transition vers un régime alimentaire qui privilégie les produits végétaux sains et les viandes issues de l’élevage écologique. C’est pourquoi, elle se réjouit que la charcuterie avec les Schtroumpfs (Aubel) ne soit plus en vente depuis peu. 

Les enfants sont plus sensibles aux tactiques publicitaires

Test-Achats déplore que l’emballage des produits malsains ne fasse plus l’objet de restrictions. “Lorsqu’ils prennent les enfants comme groupe cible, les spécialistes du marketing devraient faire très attention. La pratique consistant à utiliser des personnages populaires sur l’emballage de produits alimentaires malsains, comme la viande transformée, est vraiment douteuse”, estime Julie Frère, porte-parole de Test-Achats. 


Les enfants sont beaucoup plus sensibles aux tactiques publicitaires que les adultes, parce que leur littératie publicitaire [1] est encore insuffisamment développée. Les chercheurs soulignent qu’il est important d’aborder les enfants d’une manière transparente et éthique, et non directement pour les inciter à acheter ou à exercer leur pouvoir de harcèlement.

Moins de viande mais de meilleure qualité

L’Institut flamand pour une Vie saine, Vlaamse Instituut Gezond Leven, demande, lui aussi, au gouvernement de mieux protéger les enfants contre les publicités pour des aliments malsains. La viande transformée se situe à l’extérieur du triangle alimentaire de l’Institut, dans la zone rouge qui contient les produits riches en sel, en sucre ou en matières grasses. Autrement dit, elle n’est pas nécessaire à une alimentation équilibrée et peut nuire à la santé en cas de surconsommation. C’est d’autant plus vrai pour les enfants, qui n’ont pas les mêmes besoins nutritionnels que les adultes.


“La publicité pour des aliments malsains donne envie aux enfants de consommer ces produits. De ce fait, ils cassent les pieds à leurs parents pour que ceux-ci les achètent. Par ailleurs, les enfants croient qu’un produit alimentaire sur lequel figure leur personnage de dessin animé préféré a vraiment meilleur goût”, conclut Loes Neven, coordinatrice pour l’association Gezond Leven, laquelle demande au gouvernement de mieux protéger les enfants contre la publicité pour des aliments malsains.

 

 

Note :
[1] La littératie publicitaire représente : les connaissances et compétences dont les enfants ont besoin pour réagir de manière critique aux messages publicitaires

Contacts :
- Pour Greenpeace Belgique : Sarah Jacobs, attachée de presse, +32 496 26 31 91
- Pour l’Université de Gand : Liselot Hudders, professeur de Communication et marketing, + 32 486 17 61 20
- Pour Test-Achat : Julie Frère, porte-parole, 02 790 41 08

Voir en ligne : http://www.greenpeace.org/belgium/f...

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Dernier ajout : 22 juillet.