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Une marina inaccessible !

Publié le mercredi 17 janvier, par IEB

C’est demain, jeudi 18 janvier à 14h30, que se tiendra la Commission de concertation sur le projet immobilier de marina à Anderlecht à deux pas de la rue Wayez. Au-delà des nombreuses questions de fond que pose un tel scénario spéculatif au cœur d’un quartier populaire et sur ce qu’il peut apporter à la région et à ses habitants, le Centre de rénovation urbaine d’Anderlecht (CRU) et Inter-Environnement Bruxelles (IEB) voudraient faire part des nombreux obstacles qu’ils ont rencontrés dans le cadre de cette enquête publique non seulement pour accéder au dossier mais aussi pour disposer des éléments indispensables à une compréhension correcte de l’impact urbanistique et environnemental du projet.

Pour rappel, les enquêtes publiques sont l’un des rares moments officiels, dans le cadre du développement d’un projet immobilier, où les citoyens sont invités par les institutions publiques à venir faire part de leurs interrogations, remarques, inquiétudes sur les impacts de celui-ci sur leur cadre de vie. Or, en l’espèce, l’organisation de ce moment s’est déroulé de façon telle que les possibilités de comprendre en quoi consistait exactement le futur projet étaient presque réduites à néant.

L’enquête publique a démarré le 8 décembre 2017, dès le lendemain de l’adoption du Plan d’affectation du sol cadrant la zone (PPAS Biestebroeck), pour s’achever le samedi 6 janvier 2018, le dernier samedi des vacances de Noël. Cette célérité et la période choisie pour réaliser cette enquête, durant la période des fêtes de Noël, ont rendu difficile un bon accès à l’information dès lors que le service d’urbanisme de la commune d’Anderlecht était fermé une bonne partie du temps. Le choix d’un tel calendrier est à l’extrême limite de la légalité : sur les 30 jours d’enquête publique, 15 jours se plaçaient durant les vacances officielles de Noël lorsque citoyens et associations relâchent leur attention et prennent un ballon d’oxygène en quittant leur lieu de travail ou d’habitation.

IEB et le CRU ont dû contacter à plusieurs reprises les services d’urbanisme de la commune pour obtenir les documents nécessaires à la compréhension du projet. Toutes les pièces transmises dans un premier temps dataient de 2015 ou 2016 et portaient sur une première version du projet qui avait entre-temps fortement évolué. Malgré leurs efforts, ils n’ont pu mettre la main sur la pièce maîtresse du dossier, l’étude d’incidences environnementales, que trois jours avant la fin du délai d’enquête publique. Trois jours pour ingurgiter et comprendre 700 pages !

À la lecture d’une « note complémentaire » à cette étude d’incidences, datée du mois d’octobre 2017, les associations ont réalisé que l’ensemble de l’étude d’incidences était manifestement déjà obsolète. En effet, l’étude d’incidences analyse un projet de 218 logements et 199 places de parking alors que le projet mis à l’enquête publique concerne un ensemble bien plus massif de 302 logements et 345 places de parking. Selon les exigences légales, les incidences de pareille modification, qu’on ne peut qualifier d’anodines, auraient dû être étudiées dans la note complémentaire. Mais il n’en est rien. Celle-ci ne comporte qu’une vingtaine de pages très aérées. Vingt pages censées étudier la dernière mouture du projet et donc l’impact de 84 logements et 146 places de parking supplémentaires alors qu’il en a fallu 700 pour apprécier le projet initial. La désinvolture de la démarche est telle que le document précité consacre seulement une ligne à la question de l’augmentation de l’offre en stationnement : « L’aménagement des sous-sols a été revu pour augmenter l’offre en stationnement. » Quant à l’augmentation du nombre de logements, elle n’est même pas abordée. Dans de telles conditions, quel sens y a-t-il encore à organiser des enquêtes publiques ? Et quelle valeur accorder aux analyses contenues dans des enquêtes publiques si elles ne portent pas sur la dernière version d’un projet profondément remanié.

Pour IEB et le CRU, cette enquête publique est irrégulière non seulement parce que les documents nécessaires à l’analyse du projet n’étaient pas accessibles en temps et en heure mais aussi et surtout parce qu’ils n’analysent pas, comme requis par la législation, l’impact du projet pour lequel un permis est demandé.

Contacts

  • Inter-Environnement Bruxelles (IEB) : Claire Scohier, 0473/66 75 05.
  • Centre de rénovation urbaine (CRU) : Karel Vermeersch, 0472/34 39 86.

Lire nos remarques sur le fond du dossier ici : Dossier Biestebroeck.

Rappelons qu’une pétition circule contre le projet qui a déjà récolté 1240 signatures en une semaine. Nous vous invitons à signer et à relayer la pétition sur www.change.org.


Prises de position

Dernier ajout : 21 février.