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Un moratoire sur les projets du PDI jusqu’aux élections régionales de 2009 !

Publié le vendredi 23 mai 2008, par IEB

Le Gouvernement bruxellois a eu la bonne idée de vouloir doter sa région d’un Plan de développement international. Le Bral, la CSC/ACV Bruxelles et IEB soutenons cette ambition mais pas son élaboration. Nous voudrions donc que ce plan soit complètement réorienté.

Cette question mérite d’autant plus d’être posée que le PDI se voit doté d’une enveloppe de 100 millions d’euros répartie sur 3 ans dans le récent accord entre la Région et Beliris. L’usage de cette somme importante mérite certainement un débat démocratique.

Les dernières consultations des interlocuteurs sociaux et de la société civile concernant le PDI se sont achevées début mai. Les avis qui y sont émis demeurent cependant peu connus.

Ni vision, ni ambition

Le manque de vision de ce plan entièrement construit sur des indicateurs standardisés plutôt que sur une connaissance fine de la ville, l’ampleur potentielle des incidences pour la vie des Bruxellois s’il devait voir le jour, le manque de clarté sur son encadrement légal, son manque total d’ambition à articuler le développement international de la ville sur ses forces et ses spécificités locales, tout cela nous amène à prendre la parole et interpeller le Gouvernement. Les seuls projets concrets sont en effet des projets de nature immobilière de grande ampleur.

Notre malaise s’est encore agrandi lorsque dans les allées du Mipim de Cannes (Marché international des professionnels de l’immobilier) les représentants du gouvernement présentèrent ce plan, et ses perspectives alléchantes, comme déjà acquis !

Un plan baclé

La logique qui a présidé à l’élaboration de l’ensemble du PDI ne nous satisfait pas davantage : sa confection, trop rapide, par un cabinet de consultants est perçue comme un désaveu de l’ensemble des universités, centres de recherches et administrations bruxellois. Son appellation abusive de plan interpelle l’observateur avisé car le PDI n’en a aucune des caractéristiques essentielles : ni budget précis, ni phasage conséquent, ni coordination, ni encore une fois, concertation élargie. Il s’agit tout au plus d’un catalogue d’intentions, sans statut juridique, mais qui entend pourtant insuffler sa logique à tous les – nombreux – étages de décision bruxellois.

Par le présent communiqué, les trois partenaires de ce front peu commun, qui rassemble le principal syndicat bruxellois et les deux principales fédérations d’habitants, entendent mettre un coup d’arrêt à cette logique, en rappelant que le projet, tel qu’il existe, ne fait pas l’objet d’un accord, ni des interlocuteurs sociaux, ni de la société civile.

Nous pensons qu’il est urgent de nous décoloniser l’imaginaire et de réfléchir à un développement de la ville digne de ce XXIe siècle dans lequel nous semblons avoir tant de peine à entrer. Un développement qui :

  • même lorsqu’il s’agit de son image internationale, se base aussi sur le potentiel de développement de l’activité économique liée aux besoins de la ville, de ses habitants et travailleurs, et pas uniquement de ses visiteurs et investisseurs putatifs ;
  • prévienne concrètement les aspects négatifs de son internationalisation : hausse des loyers, gentrification, dualisation ;
  • prenne la mesure de l’enjeu climatique et de la raréfaction des énergies fossiles qui vont révolutionner à court terme l’économie et le métabolisme des villes ;
  • propose une ambitieuse politique de mobilité, réduisant drastiquement la pression de l’automobile au profit des modes de transport collectifs et doux ;
  • ne confie pas aveuglément les dernières réserves foncières du territoire régional à des partenariats public privé dont la maîtrise par les autorités bruxelloise est loin d’être acquise ;
  • se construise autour d’un projet né de l’équilibre entre large concertation et arbitrage du politique pour rassembler l’ensemble des Bruxellois.

Aucune de ces conditions n’est remplie par le PDI.

Dans la plate-forme des Bruxellois, nous avions émis le vœu que l’ensemble de la population soit associée à dessiner l’avenir de leur ville, ce qui nous semble la meilleure manière de développer un véritable projet de ville.

À quelques mois du début de la campagne électorale de 2009, nous demandons au Gouvernement bruxellois de cesser de foncer la tête la première dans un « plan » et la réalisation d’équipements vite et mal pensé et de laisser, au contraire, le débat démocratique auquel donneront lieu ces élections constituer le premier ferment d’une vision globale de la ville, qui soit fondée, y compris dans ses aspects internationaux, sur les besoins de ses travailleurs et habitants. Bruxelles a besoin d’une vision globale de la ville construite sur le débat démocratique.

C’est pourquoi nous demandons au Gouvernement qu’il mette un moratoire sur son Plan de développement international jusqu’aux élections régionales de 2009.

Contacts :

  • IEB : Mathieu Sonck, 0478/203578.
  • CSC/ACV Bruxelles : Myriam Gérard, 0497/026924.
  • BRAL : An Descheemaeker, 0477/26 93 14.

Plus d’infos sur le Plan de développement international de Bruxelles :
www.ieb.be/article/575/


Prises de position

Dernier ajout : 19 septembre.