Inter-Environnement Bruxelles

Éditorial

Un PRAS « démographique » pourquoi, et pour qui ?

Publié le dimanche 20 février 2011, par I E B
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Un PRAS « démographique » pourquoi, et pour qui ? ·

Les projections du Bureau du Plan tirent la sonnette d’alarme sur un probable boom démographique à Bruxelles. Les problèmes récurrents de logements, d’infrastructures scolaires, de soins, etc., n’en seront que plus aigus. La Région tire profit de cette alerte pour préparer les esprits et faire passer au Parlement régional, un nouveau PRAS dit « démographique ». La logique voudrait pourtant que le PRDD, dont les ébauches tardent à se soumettre à la critique publique, soit d’abord publié. Pour la Région, modifier la PRAS avant le PRDD permettrait de gagner deux ans... et surtout de satisfaire des promoteurs immobiliers en quête de projets.

Dans la zone du « canal », par exemple, l’actuelle réglementation ne permet pas aux spéculateurs de construire à foison, nombreuses étant les zones réservées à de l’activité industrielle. Le boom démographique doit mener à la « densification » de ces zones, solution triviale dans le nouveau monde du développement durable. « Construisons des tours pour mieux répondre au défi démographique et environnemental ! » est le nouveau leitmotiv. Pourtant, outre leur mauvaise réputation, les tours ne semblent pas aptes à répondre aux défis urbanistiques attendus. Elles s’avèrent inadaptées à la fonction logement et au mieux mettront sur le marché du logement inaccessible pour les nouveaux venus dont le profil est annoncé comme plutôt désargenté.

Le déficit énorme en logements sociaux ne sera pas résorbé par la construction de nouvelles tours qui, au vu des dernières réalisations ou projets dans le pipeline, servent d’enveloppe architecturale pour une couche supplémentaire de bureaux, nonobstant l’indigestion flagrante de la Région dans le tertiaire, ou pour des appartements de standing avec vue sur le canal. Dans le prolongement de cette vision idyllique, le PRAS démographique, loin d’apporter une réponse à la crise aiguë du logement que nous connaissons, risque bien au contraire, de l’amplifier !



BEM n°245 – 20 février 2011

Dernier ajout : 27 septembre.