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Dossier : le PRAS démographique

Tout le monde aime le Heysel

Publié le mercredi 30 novembre 2011, par IEB

Il est difficile pour toute personne qui a suivi la saga du projet de réaménagement du plateau du Heysel de croire que la définition de son affectation (argument utilisé pour justifier la modification du PRAS) permettrait de répondre à l’urgence de la crise du logement.

Le nombre de nouveaux logements prévus y est en effet tout à fait dérisoire. Seuls 750 nouveaux logements sont envisagés sur une surface qui aurait pu en accueillir bien davantage. L’objectif du projet d’aménagement urbanistique pour le plateau du Heysel, le projet NEO, est d’attirer en priorité une clientèle internationale. Du logement pour la population bruxelloise n’est donc pas la priorité.

Pourquoi un tel empressement ?

Le plateau du Heysel accueille actuellement un nombre important d’infrastructures : le Palais des Expositions, le stade Roi Baudouin, l’Atomium, le cinéma Kinepolis, les parcs d’attraction Mini-Europe et Océade ainsi que le Trade Mart. On y trouve également de nombreux terrains de sport. Dans l’état actuel des choses, le site fonctionne bien. Tout le monde s’accorde sur le fait que le plateau du Heysel mériterait sans doute un certain nombre d’améliorations mais il n’y a pas de réelle urgence. L’élaboration d’une nouvelle version du Plan Régional de Développement pourrait être l’occasion d’envisager l’avenir. Alors, si l’état du site ne le nécessite pas réellement et si ce n’est pas pour y construire un nombre de logements qui pourraient répondre à la crise du logement à Bruxelles, pourquoi un tel empressement de la part des autorités publiques à vouloir modifier le PRAS ?

Le moins que l’on puisse dire est que le réaménagement du Heysel fait tourner de nombreuses têtes. Ville de Bruxelles, Région et promoteur immobilier se bousculent au portillon de leurs ambitions. En effet, dès les premières heures du projet NEO, des idées extravagantes et grandiloquentes ont été envisagées. Identifié comme lieu stratégique pour le développement international de Bruxelles, la Ville et la Région prévoient d’y construire un centre de convention, un centre commercial, un musée, deux hôtels, des restaurants, des bureaux,... Le coût de ce réaménagement est estimé à 900 millions d’euros. Une telle somme nécessitera sans doute de recourir à la privatisation du site.

Très alléchée par les possibles revenus de ces opérations immobilières d’envergure, la Ville de Bruxelles, propriétaire du terrain, ne se fait pas prier pour accélérer les choses. Quant à la Région, le soi-disant attrait international des différents projets et les revenus fantasmés qui en découleraient la pousse à utiliser, de façon fallacieuse, l’argument du manque de logements à Bruxelles pour obtenir le plus rapidement possible les modifications du PRAS dont elle a besoin pour entamer ce grand chantier.

Olivia Lemmens

BEM n°251 - Novembre 2011

BEM n°251 - Novembre 2011

Dernier ajout : 14 octobre.