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Communiqué de presse

Tivoli, un nouveau projet de CityDev pas si exemplaire que cela

Publié le mercredi 6 novembre, par Sarah De Laet

Dès son annonce, le projet de quartier durable de Tivoli, sous-titré de manière évocatrice « Green City » apparait comme un projet ambitieux tant d’un point de vue urbanistique qu’environnemental. Aujourd’hui, alors que les bâtiments sont sortis de terre et que les habitants se sont installés dans leurs logements, on pourrait croire que la promesse est tenue puisque le projet vient de recevoir un prix pour son orientation écologique. Pourtant, la voix des habitants fait entendre un autre son de cloche. En effet, ceux-ci se posent des questions sur les choix et les méthodes qui ont été utilisés par CityDev dans la concrétisation de ce quartier phare. C’est qu’ils ont découvert sur le tard toute une série d’éléments qui n’avaient pas été annoncés dès le départ : des partenariats publics-privés, un étrange montage de « Tiers investisseur », une plate-forme numérique obligatoire payée rubis sur l’ongle… Une « publicité mensongère » qui pose une autre question : celle de savoir à qui tout cela profite.

À travers deux textes d’analyse, rédigés en collaboration avec le comité de quartier « Green Tivoli », IEB a souhaité revenir sur deux types de questions auxquelles ont été confrontés certains des nouveaux arrivants. D’une part, comment l’exemplarité environnementale de l’ensemble repose sur des partenariats avec le secteur privé, pour qui la « transition écologique » ou la promotion d’une « smart city » sont surtout synonymes d’ouverture de nouveaux marchés. Dans ce cas-là, ce sont les habitants qui passent à la caisse. Alors que le projet est « socialement mixte », tant par la présence d’un bloc de logements sociaux sur le site que par la « diversification » du profil des acquéreurs, CityDev a-t-elle conscience de ce qu’implique l’accès à la propriété pour des ménages aux revenus peu élevés ?

D’autre part, face aux promesses « d’inclusion », de « participation », et de « mixité sociale », certains habitants ont réellement pensé qu’ils pourraient donner leur avis et que celui-ci serait écouté, non pas poliment, mais véritablement pris en compte. Il apparait que le recours systématique à des partenariats publics-privés de telle envergure fait entrer des intérêts divergents dans des projets publics, et qu’in fine, l’intérêt des habitants tend à s’effacer devant un autre objectif : donner une belle image, et du chiffre.

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Photo : CC-BY-SA - Jasen Leathers


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Dernier ajout : 18 novembre.