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Sortir du nucléaire, un choix de société responsable et stimulant

Publié le mardi 15 mars 2011, par IEB

Pour les fédérations d’associations belges, il est aujourd’hui plus encore qu’hier évident que le choix de la Belgique doit se porter vers le développement des économies d’énergie et des énergies renouvelables.

Bruxelles, le 15 mars 2011 – Le spectre d’une crise énergétique majeure a amené, ces dernières années, plusieurs pays à reconsidérer l’option nucléaire sous la forme de prolongations de la durée de vie d’anciennes centrales ou de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Le drame de la centrale japonaise de Fukushima semble avoir remis les pendules à l’heure en posant sans détour la question : la crise de l’énergie et le manque de courage politique pour développer les énergies alternatives pousseront-ils le monde à prendre des risques inconsidérés pour sa population ? La Belgique, qui a opté pour la sortie du nucléaire, doit tourner définitivement la page dès 2025 pour entrer de plain-pied dans l’ère du 100% renouvelable.

Le mouvement environnemental belge appelle nos gouvernements à tirer les leçons du drame qui se joue actuellement au Japon et à ne pas succomber à la solution de facilité apparente que constituerait le report de la fermeture de nos centrales. Une telle décision équivaudrait à s’enchaîner à l’atome… et à être entraîné dans sa chute.

De plus, la remise en cause systématique, depuis 2007, de la loi de sortie du nucléaire a considérablement freiné les investissements dans de nouvelles capacités de production. Les investisseurs ont besoin d’un signal clair, et d’une vision de long terme.

Aussi, la loi de sortie progressive du nucléaire doit être confirmée au plus vite afin de ne pas avoir à gérer le vieillissement d’installations déjà anciennes dans lesquelles le risque de défaillances augmentera, comme le souligne l’Agence fédérale de contrôle nucléaire [1].

Mais bien plus : pour les fédérations d’associations belges (Bond Beter Leefmilieu, Inter-Environnement Wallonie, Brusselse Raad voor het Leefmilieu et Inter-Environnement Bruxelles), il est aujourd’hui plus encore qu’hier évident que le choix de la Belgique doit se porter vers le développement des économies d’énergie et des énergies renouvelables.

Sortir du nucléaire est le seul choix responsable.

Rappelons que les trois plus anciens réacteurs nucléaires belges, d’une capacité totale de 1 800 MW et d’une production équivalente à 15 200 GWh, peuvent être fermés comme prévu en 2015 sans mettre en danger l’approvisionnement. Ils représentent 10% des besoins en électricité et leur
arrêt ne provoquera pas d’extinction de lumières !

Par ailleurs, l’Institut allemand Fraunhofer a calculé dans le cadre de l’étude GEMIX que la Belgique peut exploiter à court terme un potentiel d’économies d’énergies rentables suffisant pour compenser la fermeture de toutes les centrales nucléaires. Défi excitant tant d’un point de vue économique qu’environnemental ! Pourtant, aucune politique d’économies d’énergie ambitieuse et coordonnée n’est pour l’instant en place dans notre pays.

Alors, plutôt que de réouvrir un débat éculé – car déjà tranché – sur l’échéance de 2015, mettons-nous immédiatement au travail pour préparer la sortie définitive du nucléaire en 2025. Avec en point de mire, à l’horizon 2050, une Belgique devenue une société neutre en carbone, basant son approvisionnement énergétique sur 100% de sources renouvelables et sur une politique novatrice d’économies d’énergie, incluant les ménages aux revenus les plus faibles, et constituant la transition vers un système électrique durable.

Contacts :

  • Pierre TITEUX, Attaché de Presse d’IEW, 0479/497 656.
  • Marie CORS, Directrice politique d’IEW, 0477/495 435.

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