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Bruxelles industrielle ?

Qu’est-ce qu’une « activité productive » ?

Publié le mardi 9 octobre 2018, par Alexandre Orban, Claire Scohier

Lorsqu’on aborde l’évolution des activités productives à Bruxelles, il semble indispensable de se pencher sur la question de la définition de ces mêmes activités. Le glossaire du Plan Régional d’Affection du Sol Démographique (PRAS) caractérise les activités productives en tant qu’« activités artisanales, activités de haute technologie, activités industrielles, activités de production de services matériels et de biens immatériels ». Il y est ajouté que « sont assimilés aux activités productives, les travaux de gestion ou d’administration, l’entreposage et les commerces qui en sont l’accessoire de production de biens immatériels ».

Cette définition est relativement floue. Remarquons d’abord que la production de « biens immatériels » et de « services matériels » ainsi que la gestion et l’administration dites « accessoires » sont intégrées. Si la volonté des auteurs du PRAS de se distancier des fonctions résidentielles est nette, la frontière avec les activités tertiaires et de bureaux est ainsi significativement moins marquée. À cela s’ajoute la tension entre activités de production matérielle/ production immatérielle et l’usage imprécis du terme « produire ».

Le flou général de cette définition peut avoir des conséquences, de par sa présence dans un texte réglementaire tel que le PRAS. En effet, il peut d’une part être déterminant pour des choix politiques posés dans la mesure où il laisse une latitude pour mettre l’accent sur l’une ou l’autre des activités économiques, en fonction des intérêts des acteurs politiques et économiques impliqués. Cela veut dire une plus grande marge de manoeuvre pour des acteurs décisionnels, mais cela veut aussi dire un plus faible contrôle démocratique sur ces choix opérationnels.

D’autre part, la présence de ces termes dans un texte aussi fondamental pour l’urbanisme que le PRAS implique leur utilisation régulière par les agents institutionnels, observée par IEB lors de son étude sur les activités productives réalisée en 2017. [1] Le flou sémantique autour des « activités productives » se retrouve ainsi fréquemment dans leurs discours alors même qu’ils soutiennent globalement le maintien de ces activités productives stricto sensu en Région bruxelloise.

Malgré certaines évolutions enthousiasmantes du discours (telle que la dédiabolisation de l’industrie ou du transport de marchandises), il semblerait que nous soyons face à des élites institutionnelles responsables de politiques publiques de développement urbain et économique qui valorisent une entité peu ou prou définie dans le débat public : le constat pose question.

Notes

[1A. Orban et C. Scohier, Évolution des activités productives en Région de Bruxelles-Capitale et besoins des habitants : les discours institutionnels à l’épreuve des faits, 21 décembre 2017 : http://www.ieb.be/Evolution-des-act....

Bem n°296 - Septembre-octobre 2018

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Dernier ajout : 21 novembre.