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Palmes et Chardon 2009

Publié le lundi 29 juin 2009, par IEB

Inter-Environnement Bruxelles décerne depuis 1987 ses Palmes et Chardon pour l’année écoulée. Ces prix récompensent et stigmatisent des actions, des réalisations, des projets ou des personnes en rapport avec le développement urbanistique, la défense de l’environnement et l’amélioration du cadre de vie à Bruxelles.

La Palme est attribuée à un acteur, une personnalité ou une institution publique ou privée qui s’est particulièrement distinguée dans la défense ou l’amélioration de la ville telle que nous la concevons.

Le Chardon est décerné à une personnalité ou une institution qui a contribué de manière significative à la dégradation de l’environnement urbain.

Occasionnellement, une Palme d’honneur récompense une personnalité, une œuvre ou une institution qui a contribué à mettre en valeur l’image de la Région de Bruxelles-Capitale.

- La Palme 2009 est décernée à l’asbl Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH), pour son action de contrôle au quotidien de la politique du logement, sa capacité à allier analyse et actions sur le terrain, notamment en soutenant les plus désespérées d’entre elles et pour son souci constant de donner un visage à la détresse humaine que l’accès difficile au logement provoque chaque jour.
- Le Chardon 2009 est décerné à la Ville de Bruxelles, pour sa gestion du dossier « Heysel », pour sa gestion cahotique d’un site qu’elle a décidé, tel un État dans l’État, de rentabiliser au maximum, en en confiant le sort dans la plus pure opacité à la société anonyme Excs.
- Une Palme d’honneur est décernée à Denis Grimberghs, pour ses 20 ans de carrière politique au service des Bruxellois.

La Palme 2009 est décernée à l’asbl Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH)

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L’équipe du Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH) à qui a été décernée la Palme 2009

Le RBDH est un regroupement d’associations qui, chacune sur son terrain, œuvrent pour la réalisation du droit à l’habitat. Un réseau qui entreprend des actions et réalise des projets pour mettre en place un véritable droit à l’habitat. L’association constitue un lieu d’échange, d’information et de réflexion sur l’habitat et le logement à Bruxelles, elle est aussi moteur dans une série d’actions coordonnées basant son crédo sur l’article 23 de la constitution : « Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. Ce droit comprend le droit à un logement décent. »

En 2008, comme dans les années qui précèdent, le RBDH n’a jamais manqué de contrôler au quotidien les actions du gouvernement en matière de logement. Ainsi, dès 2004, le RBDH publie son baromètre du logement qui informe de manière originale le public sur l’avancement de la politique d’avancement du gouvernement en matière de logement. Ce baromètre axait son analyse sur trois de ses revendications : un doublement du nombre de logements sociaux, l’introduction d’un encadrement des loyers ainsi que la mise en place d’une allocation loyer.

Tout récemment, l’association, a publié son dossier trimestriel art.23 livrant une analyse détaillée de la réalisation du chapitre « logement » de l’accord de gouvernement de 2004, lequel a recueilli un pitoyable 4/10. Une cote d’exclusion à la hauteur des ambitions qu’affichaient le gouvernement au début de la législature. Parmi ces ambitions, un plan logement qui prévoyait de construire 5000 nouveaux logements et dont le bilan en fin de législature n’est pas brillant : seuls 226 sont construits, 65 sont en travaux et 651 ont obtenu un permis d’urbanisme.

Le Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat s’est aussi investi en 2008 dans la lutte contre les bâtiments vides en créant avec d’autres associations la Plateforme Logements Vides. L’objectif était d’inviter d’autres associations, fédérations, comités ainsi que les citoyens interpellés par la problématique des bâtiments vides, tant publics que privés, en Région bruxelloise, à se rassembler pour mener des actions spécifiques visant à mettre en évidence des espaces vides et /ou à l’abandon dans la campagne électorale de juin 2009.

La Plateforme, qui compte déjà une centaine de membres (dont de nombreuses associations, des syndicats et des habitants) a organisé trois actions ciblant chaque fois un secteur spécifique : les logements vides dans le secteur privé, les bureaux vides et enfin les logements sociaux inoccupés. L’objectif est d’obtenir du gouvernement « un plan de lutte contre les immeubles vides » pour la prochaine législature.

Dans ce même esprit de lutte pour le droit à un logement décent, le RBDH a été très actif dans le cadre des actions menées par « Le Ministère de la Crise du Logement » qui s’est installé au 123 rue Royale. Le RBDH s’est beaucoup impliqué dans les différentes manifestations organisées : le « Forum de La Crise du Logement », « Le Logement selon le genre » organisée par la « Marche Mondiale des Femmes », ainsi que durant la quinzaine d’actions pour le logement intitulée « Une Clé pour tous » où s’est déroulée une parodie de procès intenté à l’État belge afin de juger de sa responsabilité dans la crise du logement. Cet engagement du RBDH a été sans aucun doute un soutien précieux à ces actions menées avec impertinence, humour mais toujours dans un esprit de lutte et une juste réflexion.

Le Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat, qui fête cette année ses dix ans d’existence se distingue par une profonde connaissance des dossiers lui permettant de produire des analyses de fond en même temps que de s’impliquer dans des actions de terrain, en soutenant des occupations par exemple et en gardant sans cesse la farouche préoccupation de donner un visage à la détresse humaine que l’accès difficile au logement provoque au quotidien.

Le dernier éditorial, écrit récemment par Tineke Vanheesvelde, Co-présidente du RBDH/BBRoW dans art.23 vaut à ce titre tous les discours :


Lundi 2 mars 2009, permanence de Samenlevingsopbouw à l’asbl CAW Archipel - De Schutting.

Abdel entre dans le bureau. Cela fait déjà quelques semaines qu’il cherche un logement pour lui-même, sa femme et ses trois jeunes enfants. Ils sont hébergés actuellement dans une maison d’accueil. Ils ont dû quitter leur logement précédent après l’empoisonnement au plomb d’un des enfants. Pour se reloger, le couple dispose de 600 euros. Pour ce montant, Abdel ne trouve aucun appartement de trois chambres à coucher dans les annonces des journaux. Il trouve par contre une dizaine d’appartements de deux chambres. Il passe alors des coups de fil et obtient deux rendez-vous. Un succès ! Cela doit être le printemps qui approche... ou alors le fait qu’il n’ait rien dit au sujet de ses trois enfants. En effet, même si selon le Code du Logement, un appartement de deux chambres à coucher correspond à sa composition de ménage, les propriétaires estiment en général qu’un appartement de deux chambres est à peine suffisant pour un couple avec un enfant. Si Abdel bénéficiait de l’allocation loyer, il pourrait sans doute se permettre un plus grand appartement mais il devrait assumer la différence de prix le temps qu’on lui accorde cette allocation. Première impasse.

Bert est le candidat-locataire suivant. Lui aussi séjourne dans une maison d’accueil. Après avoir longtemps vécu à la rue, il cherche un logement depuis des semaines. En vain. Il touche une allocation de chômage d’environ 800 euros par mois et est prêt à consacrer 450 euros à un loyer et des charges. Une allocation loyer lui ouvrirait littéralement les portes... Seconde impasse.

Puis vient Louise. Cela fait trois ans qu’elle attend un logement social. Elle avait 7 points de priorité. « Avait » car maintenant qu’elle n’est plus à la rue, Louise a perdu deux points de priorité, ce qui rallonge son attente de minimum un an. Elle a entendu parler des 3 500 logements sociaux qui doivent être construits. Qu’en est-il finalement ?

Toutes ces impasses, nous les connaissons depuis longtemps. Mais l’accord du gouvernement bruxellois 2004-2009 nous donnait quelques raisons d’espérer. Hélas, à la veille des élections régionales, force est de constater qu’Abdel, Bert et Louise restent littéralement dans l’impasse.

Le Chardon 2009 est décerné à la Ville de Bruxelles, pour sa gestion du dossier « Heysel »

Le Heysel, gestion médiocre pour le site de tous les désirs

Héritage du glorieux passé de l’urbanisme fonctionnaliste d’après guerre, le site du Heysel s’insère dans la longue chronologie des Expositions bruxelloises. On oublie en effet souvent que le site connut sa première phase d’urbanisation lors de l’exposition universelle de 1935, affectation renforcée lors de l’Expo phare de 1958 qui donna sa tonalité définitive au site : territoire à caractère exclusivement événementiel, manquant singulièrement de cohérence. N’oublions pas que le site est bordé d’habitations, dont la Cité Modèle et la Cité Verregat.

Pensé à l’époque comme un monde idéal, paré de toutes les vertus du progrès, entièrement piétonnier, le site était ceinturé d’accès automobile et d’immenses parkings à ciel ouvert. De ces parkings subsiste le gigantesque parking C, sis sur le territoire de la Région flamande, une mer d’asphalte de 31 ha utilisée très épisodiquement. Le Heysel est fort enclavé localement, créant de nombreux embarras de circulation, au grand dam des riverains, mais très accessible à l’échelle régionale (grâce à la ligne 6 du métro). Avec le temps, la voiture a pénétré le site, accompagnée d’une multiplication de parkings aux abords des différents équipements.

Propriété de la Ville de Bruxelles et inscrit au PRAS comme zone d’équipement, le site accueille les différents Palais des Expositions, le stade Roi Baudouin, l’Atomium, des concessions telles que le complexe de cinéma Kinepolis, les parcs d’attraction Mini-Europe et Océade mais aussi le Trade-Mart (héritage de feu VdB qui a octroyé au propriétaire une concession courant jusqu’en 2060 !). Dans les zones affectées aux activités de sport en plein air, se trouvent de nombreux terrains de sport qui profitent à tous les Bruxellois.

Un gros gâteau que la Ville et la Région se disputent...

Le plateau du Heysel, propriété de 100 hectares (en comptant le parking C) de la Ville de Bruxelles, est une pierre angulaire essentielle du Plan de Développement International de Bruxelles. Déjà virtuellement doté d’un nouveau centre de congrès (promotionné par la Ville), d’un nouveau stade (promotionné par la Région), d’un méga-centre commercial (promotionné par la Région mais intéressant la Ville pour financer le centre de congrès, au détriment des noyaux commerçants existants), le site se voyait chargé en sus, en septembre 2008, par l’inattendue candidature de la Ville de Bruxelles pour accueillir un nouveau pôle de bureaux européens (325.000 m2 à l’intention de la Commission). En y ajoutant les quelques logements prévus, les superficies projetées passaient à 650.000 m2. En voilà un site qui suscite les convoitises de tous bords et qui déborde de toutes parts !

Très alléchée par les possibles revenus de ces opérations immobilières d’envergure, la Ville décide d’objectiver la capacité du site en commandant une étude de mobilité, d’une part, et en organisant un concours d’urbanisme, d’autre part. Scénario minimal : le centre de congrès [1]. Scénario maximal (autorisé par l’étude de mobilité) : « the sky is the limit », comme dirait Donald Trump [2] ! Faisant cavalier seul, la Ville reproduit à son échelle et sans concertation les outils de développement des sites d’intérêt stratégique.

Un site d’envergure régionale géré dans l’opacité par la Ville et confié à une société anonyme

L’ensemble de l’opération est menée par une société anonyme, Excs, filiale de l’asbl Parc des Expositions de Bruxelles (présidée par le Bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans), elle-même filiale de l’asbl Foire Internationale de Bruxelles (également présidée par le Bourgmestre de Bruxelles). A la tête d’Excs, on retrouve Henri Dineur, ancien chef de cabinet du Ministre-Président Charles Picqué et ancien échevin de l’urbanisme à la Commune de Saint-Gilles, très actif en son temps au quartier du Midi. La société Excs est dotée d’un conseil d’administration minimal présidé par Freddy Thielemans, auquel s’adjoignent Philippe Close, échevin au tourisme de la Ville de Bruxelles et Johan De Deygere, administrateur du Parc des Expositions. Le conseil d’administration d’Excs a ensuite été renforcé par Paul Delessenne, ancien CEO de Catella Codemer et de Robelco... et, tiens tiens, aussi conseiller du commissaire européen Siim Kallas... est-ce forcer le trait d’y voir un lien avec la candidature pour l’implantation des bureaux européens ? Ajoutons-y, pour la forme, l’échevin de l’urbanisme de la Ville de Bruxelles, Christian Ceux.

L’avenir du site du Heysel est donc confié à une société contrôlée par le bourgmestre et un échevin de la Ville de Bruxelles, travaillant main dans la main avec un promoteur immobilier. Tout cela dans la plus grande opacité. Sans le moindre contrôle démocratique, ne serait-ce que du Conseil Communal de la Ville de Bruxelles. L’époque où les promoteurs, en connivence avec les pouvoirs publics, faisaient la pluie et le beau temps dans la capitale ne semble pas révolue. Que peuvent attendre les Bruxellois d’une telle alliance tournée résolument vers la rentabilité du foncier et le fantasme de l’attractivité internationale ?

Les Bruxellois aboient, la Ville de Bruxelles passe

Depuis les années 1960, chaque fois que les autorités publiques ont voulu piloter un grand projet urbanistique visant au développement international de la ville, celui-ci s’est révélé un fiasco urbanistique et humain. Le quartier Nord, le quartier européen, le quartier de la gare du Midi en sont les bien douloureux stigmates.

Mais la Ville repasse les plats et s’embarque en solo, hors de toute concertation avec la Région et ses habitants, se croyant forte d’un montage sans faille mais au profit de qui ?

L’affirmation par la Ville dans sa sortie de presse de mars 2009 que « Cette méthode de travail garantit la transparence et le contrôle par la Ville de Bruxelles de tous les actes en rapport avec le projet, la Ville restant seule maître à bord et seule en droit de prendre les décisions nécessaires », ne nous rassure nullement !

En tout cas, le calendrier, lui, est fixé : 30 juin, sélection de 3 à 8 candidats au concours d’urbanisme ; 30 octobre, sélection de deux lauréats ; et 18 décembre, sélection du gagnant et désignation du Maître d’ouvrage. Tout est dit, désormais les concours d’urbanisme semblent être les garants de la bonne gouvernance, les experts les porte-paroles des habitants, lesquels doivent se contenter de la promesse d’une charte basée sur les critères du développement durable et de l’usage de l’information virtuelle [3].

Le plateau du Heysel mérite sans doute une réflexion sur des améliorations possibles. Mais cette réflexion doit d’évidence être menée en concertation avec la Région et les habitants et ne peut prendre pour seul support un Plan de Développement International dénué de toute légitimité démocratique et la charte, qui en découle, passée entre la Ville et la Région.

Le destin du plateau du Heysel ne peut se déterminer qu’à travers l’élaboration d’une troisième mouture du Plan Régional de Développement. Seul ce plan, établi grâce à des procédures démocratiques, indiquera les besoins de la Région et de ses habitants pour les années à venir. Le site actuel n’est pas en friche, il vit et a ses activités événementielles, il n’y a donc pas urgence ?

Inter-Environnement Bruxelles exige donc de la Ville de Bruxelles qu’elle arrête de se comporter comme un État dans l’État, qu’elle ne mette pas la charrue avant les bœufs et qu’elle inscrive sa réflexion sur l’avenir du plateau du Heysel dans l’élaboration du Plan Régional de Développement et qu’elle établisse sa volonté de faire la ville pas seulement pour l’international mais aussi pour ses habitants. A défaut, qu’elle ne s’étonne pas de se voir reprocher de diligenter un urbanisme de casino, décidé avec les promoteurs dans les salons dorés de la Ville.

La palme d’honneur 2008 est décernée à Denis Grimberghs

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Denis Grimberghs, palme d’honneur 2008
Denis Grimberghs (à gauche) reçoit la palme d’honneur 2008 des mains de Gwenaël Breës, Président d’IEB, en compagnie d’Isabelle Pauthier, Directrice de l’ARAU.

L’Assemblée générale d’Inter-Environnement a accepté à l’unanimité lors de sa réunion du 9 juin la proposition qui lui était faite par le Conseil d’Administration de décerner une palme d’honneur à Monsieur Denis Grimberghs à l’occasion de sa décision de mettre fin à 20 ans de carrière politique menée au bénéfice de tous les Bruxellois.

Cette décision de l’AG est motivée par deux aspects principaux :

  • d’une part, à l’occasion des 20 ans de la création de la Région de Bruxelles-Capitale, IEB a voulu mettre en évidence, au travers de la carrière de Denis Grimberghs, l’apport du travail du Parlement à l’élaboration du modèle bruxellois, à la définition et à la mise en oeuvre de politiques adaptées aux besoins des Bruxellois. Cette palme d’honneur est aussi pour IEB une manière de souligner la qualité du travail accompli par le Parlement bruxellois pendant ses 20 années d’existence ainsi que sur son rôle de contrôle du Gouvernement. Grâce aux interpellations des parlementaires, les Bruxellois sont éclairés sur les enjeux et débats qui animent la vie politique, sociale et économique.
  • D’autre part, IEB veut également mettre en lumière les relations fécondes possibles entre les habitants, la société civile et les élus. Denis Grimberghs a en effet été, tout au long de sa carrière, à l’écoute des revendications des associations avec lesquelles il a toujours été prêt à débattre sans complaisance. Comme représentant de la population il a relayé des demandes et des idées défendues par le monde associatif. La démocratie participative peut ainsi alimenter la démocratie représentative.

Denis Grimberghs : 20 ans de travail au service de tous les Bruxellois

On ne peut naturellement attribuer à un seul parlementaire le bénéfice de la production de textes législatifs car il s’agit le plus souvent d’un travail collectif. De plus, une ordonnance n’a de chance d’aboutir que si le texte, au bout d’un parcours souvent long et accidenté, trouve un consensus entre partis.

Mais il faut reconnaître que Denis Grimberghs a mis beaucoup de ténacité à défendre des avancées dans les matières qui lui tiennent à cœur : l’urbanisme et la planification, le logement, la mobilité, la gestion des finances, la politique sociale et de santé. Il a su souvent créer le climat qui permet de construire le rapport de forces nécessaire à l’élaboration de solutions.

Avec la mise sur pied de la Région en 1989, il a été impliqué, « presque malgré lui » dit-il, dans la défense des intérêts institutionnels des Bruxellois à travers les questions de finance et de gestion de matières communautaires.

Ayant été chef de Cabinet de Jean-Louis Thys, il s’est naturellement impliqué dans les questions relatives aux infrastructures et à la mobilité. Il connaît bien le dossier du RER pour avoir bataillé pour sa mise en œuvre tout en attirant l’attention sur la contribution qu’une telle infrastructure doit apporter dans la mobilité intra-bruxelloise. Denis Grimberghs a fait embarquer des journalistes dans un train entre Schaerbeek et Schuman pour convaincre l’opinion publique (et la SNCB) de l’intérêt de la desserte ferrée intra bruxelloise et, d’une manière générale, a milité pour l’intégration urbaine et la transparence des intentions de la SNCB. Homme de projets autant que de convictions, il a pris fait et cause pour le principe de la gratuité des transports en commun, « pour des raisons environnementales », dit-il, et s’est démené pour sensibiliser la STIB, entre autres choses utiles aux usagers, aux bus de nuit, à un matériel roulant moderne et confortable, à la tarification intégrée entre opérateurs, à l’information des voyageurs, au confort des abribus, à l’accessibilité aux PMR... Autant de combats à poursuivre.

En ce qui concerne le logement, il s’est battu pour que soient maintenus et développés les moyens des producteurs de logements publics, pour faire avancer l’allocation loyer, pour faire adopter une législation sévère et efficace contre les logements vides, en particulier en contribuant à une Ordonnance qui devrait, enfin, porter ses fruits sous la législature qui commence.

En matière d’urbanisme, il fait partie des régulateurs, convaincus que l’autorité publique doit garder la maîtrise des évolutions de la ville tout en réalisant les arbitrages relatifs aux fonctions à développer (moins de bureaux, plus de logements, plus d’équipements). Il a été de ceux qui ont pratiqué une critique de fonds et au long court du PRAS et souhaitent un nouveau Plan Régional de Développement qui traduise de véritables choix.

Il propose pour l’avenir que la Région mette sur pied « un deal solide avec le groupe SNCB » pour développer le RER et réutiliser les sites ferroviaires désaffectés. Selon lui, la Région devrait aussi assurer une meilleure collaboration avec les institutions européennes dans leur intégration dans Bruxelles. En matière d’emploi et de formation, il estime que la richesse produite à Bruxelles devrait profiter d’avantage aux Bruxellois et que l’amélioration de la qualification et de la formation des jeunes devra être une priorité. Enfin, Denis Grimberghs est un franc partisan de l’harmonisation des fiscalités communales.

En guise de bilan politique, il a plaidé dans différents articles pour la mise en place d’une évaluation lucide des politiques publiques régionales, de leurs succès et échecs et de leurs causes avec l’objectif de « revaloriser l’action publique et politique » dans ce qu’elle a de plus noble. Il plaide également pour le refinancement et la simplification des institutions par les Bruxellois « qui en sont les meilleurs experts ».

Il déplore « les mauvais combats menés par certains au nom de l’autonomie locale » qui constitue à ses yeux un frein à l’élaboration de politiques publiques globales dans le champ du logement, de l’urbanisme et de la mobilité. Il avertit les municipalistes qu’ils risquent ainsi de voir « des pans entiers des compétences communales transférées à la Région », ce qui, pour le conseiller communal qu’il est, n’apparaît pas nécessairement comme une bonne chose (mais une punition qui sera peut-être bien méritée). « Pourtant, écrit-il, il suffirait d’un simple consensus dans et entre les partis pour décider de faire primer l’intérêt régional à l’intérieur d’une société bruxelloise pensée de manière plus égalitaire » [4].

Denis Grimberghs plaide de longue date pour que l’indépendance et la liberté de parole des associations soient garanties. Il est un des principaux inspirateurs de l’Ordonnance dont les arrêtés d’application ont été votés par le Parlement à la fin de la législature. Cette ordonnance ouvre la voie à un agrément des associations ayant pour objectif l’amélioration de l’environnement et de la qualité de vie sur base quinquennale et un soutien non plus au projet mais pour les missions de base des associations.

Il ne s’agit pas nécessairement pour la Région de trouver de nouveaux budgets mais de rendre plus objectifs et transparents les crédits déjà actuellement alloués, sur base annuelle et sans cesse renégociable, aux associations de Bruxellois qui sont parties prenantes, avec leurs élus, du projet régional.

Notes

[1D’après la Ville, il manquerait à Bruxelles une grande infrastructure de ce type. Le problème, c’est que la demande du marché est insuffisante pour le rentabiliser, obligeant à coupler le projet avec un projet plus rentable : du bureau (d’où l’intérêt de la Ville pour accueillir la commission européenne) ou un centre commercial.

[2Promoteur new-yorkais célèbre pour ses projets démesurés.

[3Soirée d’information organisée par la Ville de Bruxelles à l’attention des habitants le 6 mai 2009.

[4Article pour Terracota, p. 2.


Prises de position

Dernier ajout : 25 septembre.