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Modification du PPAS 6D à Molenbeek : raz-de-marée... de réclamations

Publié le jeudi 20 mai 2010, par I E B

Les riverains de la zone comprise entre les boulevards Mettewie et Machtens, la rue de la Belle au Bois Dormant et l’avenue du Scheutbosch, soutenus par IEB, s’opposent au projet de modification du PPAS par la commune de Molenbeek-Saint-Jean qui permettra la construction d’immeubles de logements en intérieur plutôt qu’en bordure de l’îlot.

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Conférence de presse sur la modification du PPAS 6D à Molenbeek - 20 mai 2010

Ce 20 mai, une conférence de presse a eu lieu sur le terrain pour expliquer leur opposition. Pour les habitants et IEB, il s’agit d’une destruction programmée d’une zone naturelle de parc. Ils craignent entre autres l’augmentation des phénomènes d’inondation, la perte de biodiversité et remettent en question la légalité du projet (dérogation à la Constitution, le PRAS, le RRU et le PRD).

Téléchargez le Dossier de presse - PPAS 6D MOD à Molenbeek-Saint-Jean - 18 mai 2010.

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Conférence de presse sur la modification du PPAS 6D à Molenbeek - 20 mai 2010

Modification du PPAS 6D – Les points à retenir

Actuellement

Accès à l’information et défaillance de la communication communale.

L’accès à l’information a été découragé par l’administration communale (obligation d’effectuer une demande de copie au Collège, réponse tardive, refus de copie gratuite, tarifs dissuasifs des photocopies).
De plus la communication sur l’évolution du dossier fut défaillante (information officieuse et tardive).

Intérêt de la consultation du public.

Le report de la commission de concertation suites aux nombreux courriers de plainte des citoyens démontre l’importante de la consultation de ceux-ci. Les experts, depuis leur bureau, ne peuvent appréhender l’ensemble des réalités de terrains.
Sans le support et la mobilisation des habitants, un projet aussi dangereux que celui-ci est susceptible d’être accordé.
Deux têtes valent mieux qu’une…

Légalité du projet et infraction à différents textes législatifs (Constitution, PRAS, RRU) et engagements politiques (PRD).

Le projet collectionne un nombre invraisemblable d’infractions tant à la Constitution qu’aux plans et règlements cadrant l’aménagement du territoire (Plan Régional d’Affectation du Sol, Règlement Régional d’Urbanisme). Il va également à l’encontre d’une série d’engagements prônés par le Plan Régional de Développement.
Ex : atteinte aux intérieurs d’îlot, construction en intérieur d’îlot, atteinte à la biodiversité, urbanisation d’une zone de parc, gabarits et dispositions farfelues, construction sur une zone inondable.

Aménagement contraire à toute logique urbanistique.

La région de Bruxelles-Capitale est réputée pour l’importance de ces intérieurs d’îlot végétalisés et les politiques actuelles visent à préserver ce type d’urbanisation.
A contrario, le projet vise à construire en intérieur d’îlot au lieu de créer un front bâti en bordure de celui-ci.

Risque de dédoublement de l’îlot.

En plus d’un choix urbanistique incohérent (cf. construction en intérieur d’îlot), le projet amène un risque clair de dédoublement de l’îlot actuel. Le tracé d’une voirie et la construction des deux barres d’immeuble laissent entrevoir à l’avenir cette division, urbanisant d’autant plus le site en dépit du bon sens.

Risque de disparition de la biodiversité.

La zone de parc est actuellement semi-sauvage et offre à la zone une véritable niche écologique qui a évolué lentement au fil des années. Une destruction de cette zone ne pourra jamais être compensée même si un parc est recréé artificiellement à côté.

Risque accru d’inondation.

La zone est déjà marécageuse et sujette à des remontées de nappe phréatique (cf. les dégâts des eaux récurrents dans les sous-sols des immeubles jouxtant le site).
Une imperméabilisation supplémentaire du site et l’effet piston que créeront de nouveaux bâtiments sur la zone traversée par un cours d’eau ne fera qu’accroître ces épisodes d’inondation.

Contradiction entre les objectifs visés par la commune et les choix d’aménagement.

Au travers de ce projet, la commune prétend répondre à la crise du logement, au manque de mixité sociale du quartier, au manque d’espace vert de qualité et à l’absence de connexion entre les rues Van Wambeke et Bougainvillées.
Pourtant, le projet vise à la destruction d’une zone de parc et l’urbanisation de celui-ci par des logements de standing.
Pour répondre aux objectifs de la commune, il faudrait au contraire construire en bordure d’îlot (préservation de la zone de parc) des bâtiments répondant à la crise du logement et à une augmentation de la mixité (logements sociaux, moyens et familles nombreuses). Enfin, une connexion pour les piétons et vélos en surface perméable pourrait répondre au besoin de connexion entre les deux rues susmentionnées.

Ce qu’il faudrait faire à l’avenir

  • consultation préalable de la population : valeur ajoutée de l’apport de connaissance du terrain que les administrations ne peuvent voir depuis leur tour d’ivoire.
  • Préservation de l’intérieur d’îlot et de la zone de parc.
  • Etude hydrologique : état de la situation
  • Construction en bordure d’îlot : bâtiments mixtes (logements sociaux, moyens, familles nombreuses) dont les gabarits ne dépasseront pas ceux des rues Belle au Bois Dormant et Scheutbosch.

Prises de position

Dernier ajout : 17 novembre.