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Le plan de stationnement : un pétard mouillé

Publié le mercredi 13 mars 2013, par IEB

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Un plan de stationnement régional est à l’enquête publique jusqu’au 21 mars. Dans le concert de protestations, on n’a entendu que les défenseurs de la voiture. Pourtant, ils ont peu à craindre, tant les mesures manquent d’ambition. Ce plan était attendu par le milieu associatif car une vision stratégique pour le parking est fondamentale dans la gestion globale du stationnement. Particulièrement à Bruxelles où 19 réglementations cohabitent. Hélas, les privilèges de la voiture ne sont pas remis en cause. Les normes, les tarifs et les possibilités de dérogation sont nivelés par le bas. La plateforme SMoB réagit à l’enquête publique, en appelant à un renforcement du dispositif. N’hésitez pas à vous en inspirer pour rédiger votre propre avis et l’envoyer à la Région.

Consultez le plan et réagissez à l’enquête : www.bruxelles mobilite. irisnet.be.

13 mars 2013

Contribution de la SMoB à l’enquête publique sur le Plan Régional de Politique de Stationnement

Buts et utilité du plan

La plateforme SMoB salue l’ambition du plan de « favoriser la circulation des transports en commun, des piétons et des cyclistes, de même que d’augmenter la convivialité de l’espace public » et affirme qu’un plan de stationnement est un outil essentiel dans la gestion globale de la mobilité. Hélas, nous craignons que le plan ne comporte pas de mesures suffisamment fortes pour atteindre son ambition déclarée.

Pour que les automobilistes comprennent l’intérêt de ce plan et adhèrent à son principe, il faut que l’argent des horodateurs serve, au moins partiellement, à améliorer la mobilité et la qualité de vie. Nous regrettons qu’aucun mécanisme n’impose que les rentrées financières soient affectées au réaménagement de l’espace public.

Subsidiarité

L’harmonisation des pratiques en matière de stationnement est positive. Mais pour en assurer la cohérence, ce plan régional devrait être appliqué directement par la Région, et non par les 19 autorités locales.
L’équilibre entre la Région et les Communes nous semble trop pencher vers les Communes qui disposent d’une importante latitude en matière d’application, d’octroi de dérogation et de latitude dans les investissements des bénéfices. Ce sont les Communes qui toucheront la majorité des rentrées financières et rien ne les oblige à les investir dans les infrastructures de mobilité ou dans la modernisation de l’espace public. Cet argent ne servira donc qu’à équilibrer les finances communales...
Nous craignons que la proximité entre l’autorité communale et le citoyen freine la Commune à la moindre protestation. Or cette protestation ne révèlera pas forcément l’avis de la majorité des habitants, alors qu’un plan de stationnement vise l’intérêt général.
Dans le même ordre d’idées, à de nombreuses reprises, le plan renvoie l’application à une concertation future entre l’Agence de stationnement et les Communes. Nous craignons que cette concertation n’empêche une application pleine et effective du plan et le rende inopérant.

Stationnement illicite

Nous déplorons que le principe des quotas de cartes de riverains correspondant au nombre de places existantes n’ait pas été imposé. En conséquence, rien n’est fait pour enrayer le stationnement sauvage. D’autant plus que ce stationnement illicite n’est pas du ressort des agents assermentés par l’Agence de stationnement.

Dérogations et abonnements

Les possibilités de dérogation et d’abonnement sont nombreuses et très bon marché. Cela fournit un mauvais signal et n’encourage pas à la modification des comportements.

Tarifs et finances

Les tarifs bas en voirie rendent plus difficile le report souhaitable du stationnement depuis la voirie vers les parkings hors voirie. Les tarifs bas rendent aussi plus difficiles les principes d’y favoriser le stationnement résidentiel et d’y appliquer des tarifs préférentiels hors voirie.

Nous demandons au gouvernement d’imposer la paiement du parking dans les grands centres commerciaux, pour éviter une distorsion de concurrence avec les autres commerces et afin de favoriser les achats de proximité.

Le plan fait état d’une large ambition de construction de parking hors-voirie, que ce soit pour compenser des emplacements perdus en voirie ou pour favoriser le transit. Nous demandons des précisions sur les modalités de financement de ces infrastructures en espérant que le coût en soit pleinement supporté par les seuls utilisateurs.

Le premier 1/4 d’heure de stationnement gratuit favorise les « sauts de puce » et les petits trajets en voiture. Cela est contraire avec les ambitions affichées du plan et les objectifs d’Iris2.

Le stationnement hors-voirie des vélos est censé couvrir les coûts d’installation et d’entretien. Nous nous étonnons de cette ambition qui semble contraire avec les objectifs régionaux de transfert modal. En outre, nous soulignons que ce principe n’est jamais spécifié pour le stationnement automobile.

La plateforme SMoB (Sustainable Mobility for Brussels) fédère des associations et habitants défendant les principes d’une mobilité durable à Bruxelles.

Elle regroupe : Association de Comités de Quartier Ucclois (ACQU), NoMo - Autrement mobile, Baobab 81, Brusselse Raad voor het Leefmilieu (BRAL), CODA, Comité Colignon, Comité de défense de Saint-Gilles (CODES), Comité de défense des Habitants de Bruxelles-Centre, Fietsersbond, FOE Bruxsel, Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens (GRACQ), Inter-Environnement Bruxelles (IEB), Johanna vzw, La Ligue des Familles (Bruxelles), Placeovelo, TreinTramBus !, Wolu-Inter-Quartiers (WIQ), 4X4 Info.


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