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La place Rogier revisitée

Publié le mercredi 4 juillet 2007, par IEB

4 juillet 2007 – Après demain se terminera la dernière enquête publique relative au réaménagement de la place Rogier. Le 13 juillet, la commune de St-Josse invitera toutes les parties concernées à la Maison communale. Le Comité de Défense des Habitants de Bruxelles-Centre, le Comité de quartier Rogier, Bral vzw, Inter-Environnement Bruxelles, NoMo et Fietsersbond Brussel y défendront leurs positions et soutiendront les habitants et usagers. La participation et la revalorisation de l’espace public en seront les mots clefs.

Petit rappel historique

La dernière pierre de la place Rogier fut placée en 1840. C’est du moins ce que relatent les livres d’histoire. En réalité, la place a subi de nombreuses transformations et aujourd’hui le projet d’un réaménagement profond est à l’ordre du jour. Il y a quelques années St-Josse a invité le bureau d’étude Clerbaux-Pinon à réfléchir sur le réaménagement de la place. A l’époque, le Bral avait insisté pour que l’on fasse appel à une participation citoyenne. La commune en a décidé autrement, mais elle rebroussa chemin au début de cette année sur l’insistance de la Région. Elle proposa un concours international pour inciter un urbanisme plus créatif et créer davantage d’ouverture. Elle demanda au Bral de s’occuper de la participation citoyenne.

Après une courte période de réflexion, le Bral et Periferia ont accepté cette proposition mais leur liberté de mouvement demeura réduite car la majorité des plans était déjà définis et l’on ne pouvait pas discuter de la mobilité.

Participation et enquête publique

Le processus de participation rassembla finalement toutes les parties concernées autour de la table. La grande affluence et une volonté sans cesse répétée pour un débat global sur l’espace public dans notre ville démontrent qu’il y a une demande de plus en plus importante pour ce type d’action.

Les moments de concertation ont permis d’adapter le projet sur différents points tels que la bande piétonnière. Les concepteurs s’en tenaient malgré tout à leur projet. L’impact du processus participatif restait alors limité. Si à l’avenir, on commence le processus participatif en même temps que le processus de planification, on pourra intégrer les avis des habitants et des usagers dans les projets proposés par les bureaux d’étude. Ceci pourrait satisfaire toutes les parties concernées. Un échange régulier et transparent est indispensable ainsi qu’un timing défini. Comme ce fut le cas pour le réaménagement de la place Flagey, on pourrait aussi organiser des moments de concertation le soir. Plusieurs participants le demandaient à Rogier.

L’enquête publique continue d’être une étape importante dans le processus de participation. Rogier en est une bonne preuve. Le projet en enquête publique diffère du projet tel qu’à la réunion de clôture.

Durant la dernière phase du processus, la Région a organisé une exposition et la commune de St-Josse a distribué des brochures informatives via un toutes-boîtes. Le seuil de participation resta néanmoins plus élevé que le précédent. Il est donc urgent de réorganiser les enquêtes publiques. La contribution des habitants et des usagers doit être revalorisée. Ils connaissent mieux que quiconque les valeurs et les besoins de leur espace de vie. Disposant de l’expérience requise ce sont de véritables experts. Les inviter est aussi tout simplement une forme minimale de respect. C’est aussi un élément intéressant pour les autorités publiques car le point de vue des riverains et usagers garantit souvent une légitimité accrue par rapport aux acteurs privés.

Bral et Periferia sont relativement contents des résultats du processus participatif et de l’attention portée à la revalorisation de l’espace public mais continuent d’insister sur la demande des habitants à propos des solutions à apporter aux problèmes de mobilité.

Le Comité de Défense des Habitants de Bruxelles-Centre, le Comité de quartier Rogier, Bral, Ieb, NoMo et Fietsersbond Brussel proposent les solutions suivantes :

  • un aménagement de la place Rogier plus accueillant pour les riverains, les usagers doux et les personnes à mobilité réduite,
  • pas d’entrée pour le parking souterrain par la place et pas d’espace parking supplémentaire,
  • une meilleure infrastructure pour les cyclistes : pistes cyclables et écluses vélos,
  • des solutions alternatives pour la circulation des voitures.

D’après les différentes associations, les plans de réaménagement de la place Rogier manquent d’une vue d’ensemble. Pour être réussie, la place doit d’abord être attrayante pour les habitants et les usagers doux. La bande piétonnière crée une continuité entre la place Rogier et le Crown Plaza. Les différents passages piétonniers lient le quartier Nord au Pentagone. Ces deux formes de continuité sont une réussite. Pour cette raison, nous dénonçons l’implantation d’une nouvelle entrée du parking souterrain située sur la place car cela brise la continuité et cause des nuisances inutiles.

Les usagers doux de la place Rogier et les habitants de la rue du Progrès souffrent de la haute concentration des voitures et des bus aux alentours de la place. Pour cette raison, les associations s’opposent à l’extension de l’espace de parking car celui-ci attirera encore plus de voitures. Nous validons également l’allègement de la circulation rue du Progrès par une déviation de la circulation des bus via l’avenue Albert II (où il n’y a pas de riverains). Différentes études démontrent la nécessité et la faisabilité de ces changements.

Actuellement les voitures disposent d’un espace disproportionné autour de la place. A certains endroits, il y a jusqu’à six bandes de circulation. Il reste très peu de place pour les usagers doux et les piétons. Il n’y a visiblement pas assez d’espace pour tout le monde. Nous insistons sur l’importance d’installer des pistes cyclables séparées des trottoirs et sur l’implantation d’écluses vélos.

Il est aussi nécessaire de réduire le nombre de bandes 2x2 à 2x1 là où c’est possible. Pour éviter des infarctus routiers, nous proposons également d’accueillir favorablement la destination du boulevard Jacquemain comme voie de circulation entrante vers le centre et celle du boulevard A. Max comme voie de circulation sortante. Ce changement permettrait d’anticiper la réduction proposée de trafic à 20% ainsi que le réaménagement des boulevards centraux.

Les chances de réussite de cet aménagement public dépendent largement de la façon dont la Région, la Ville et la Commune intègreront, du point de vue de la mobilité, les riverains et les usagers doux dans l’enquête publique.

Contacts presse :

Bral vwz
Piet van Meerbeek , 02/217 56 33 ou 0494/47 38 54, piet@bralvzw.be
Maarten Roels , 02/217 56 33 ou 0497/77 28 69, maartenroels@bralvzw.be

Comité de quartier Rogier
Philippe Catala , 02/704 89 75 ou 0477/57 47 44, Philippe.Catala@Sun.COM

Comité de Défense des Habitants de Bruxelles-Centre
Burckhard Doempke , 02/217 93 42, bmd@belgacom.net

Fiestersbond Brussel vzw
Roel de Cleen , 0486/30 66 04, roel@fietsbrussel.be
Randy Rzewnicki , 0486/83.95.56

NoMo
Michel Hubert
, 02/211 79 95, michel.hubert@fusl.ac.be
Inter-Environnement Bruxelles
Olivia Lemmens , 02/223 01 01, courriel


Prises de position

Dernier ajout : 20 mars.