Inter-Environnement Bruxelles

La fascination pour les marchés et la peur de les contraindre...

Article publié le 20 janvier 2011 par I E B
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Janvier 2011, alors que la SDRB se plaint de la disparition dramatique d’espaces destinés aux activités productives, le Ministre-Président de la Région bruxelloise est invité à honorer l’ouverture d’un « forum » organisé par BuildGreen. Cet événement est financé par Atenor, promoteur très actif à Bruxelles, connu pour avoir récemment détruit les entrepôts Delhaize (magnifique bâtiment industriel au droit du pont des Armateurs) au profit d’une tour de logements de luxe. Ce colloque proposait une table ronde entre acteurs de la « dynamique économique » de la zone du canal parmi lesquels l’on retrouve trois spéculateurs immobiliers [1] et Abatan, (seul représentant d’une activité productive et développeur à son heure). Ce séminaire organisé à la gloire des fossoyeurs de toute activité productive à long terme à Bruxelles était « réhaussé », tout au long de la journée par différents élus communaux et régionaux.

Cette proximité entre tant d’édiles politiques régionaux et le monde de la promotion immobilière n’augure rien de bon à l’heure où le PRDD est en cours d’élaboration. Il ne semble pas à l’ordre du jour que la Région se dote d’outils réglementaires qui contraindraient le marché à agir vertueusement.
On l’a vu récemment lorsque le gouvernement abandonna l’idée d’instaurer un moratoire sur la construction de nouveaux bureaux. L’on risque de le voir aussi prochainement quand le gouvernement sera appelé à instaurer un moratoire sur la réaffectation de zones productives à d’autres usages, plus juteux pour les spéculateurs de tous poils.

Ailleurs, il se passe pourtant des choses dont nos élus pourraient s’inspirer. A Paris, tout projet de construction de plus de 800 m² de logement se voit imposer un quota de 25 % de logements sociaux. Type de mesure dont le gouvernement bruxellois pourrait s’inspirer pour réguler la crise du logement, comme il pourrait aussi imposer des quotas d’activités productives dans tout projet immobilier d’envergure. Mais ce type de mesure demande un sacré changement de paradigme : il conviendrait de mettre en poche cette fascination que le politique éprouve pour les promoteurs et d’instaurer un véritable rapport de force avec ceux-ci.


[1Parmi ceux-ci, il faut citer un certain Philippe De Bloos, promoteur d’un projet de Marina sur les terrains industriels appartenant au Port de Bruxelles, face au quai de Biestebroeck.