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LES CONSÉQUENCES DE LA GENTRIFICATION

Je revitalise, nous revitalisons, ils s’en vont

Publié le mercredi 12 octobre 2011, par IEB

RÉGION BRUXELLOISE - Louer un appartement ou une maison à Bruxelles quand on n’a pas de gros revenus devient de plus en plus compliqué. Selon la dernière enquête sur le montant des loyers payés par les Bruxellois, le constat est alarmant. Si l’on considère qu’il ne devrait pas représenter pour une personne seule ou une famille plus d’un quart du budget disponible pour le ménage, on constate qu’il faut être parmi les 20% les plus riches pour pouvoir simplement louer plus d’un logement sur deux mis en location à Bruxelles ! Pour tous ceux dont les revenus sont moins élevés, trouver un logement dont le loyer est adapté à son budget tient du petit miracle...

Depuis longtemps, c’est dans les quartiers qui bordent le canal que l’on trouve les logements les moins chers à Bruxelles, les loyers les moins élevés. Mais la pression immobilière s’accentue, et les autorités publiques semblent bien plus pressées de « revitaliser » la zone pour y attirer de nouveaux habitants à revenus confortables qu’à aider les nombreux locataires aux revenus limités. La conséquence de ces choix, c’est que, pour un très grand nombre de locataires bruxellois, payer le loyer mange en réalité bien plus qu’un quart du budget chaque mois, laissant donc d’autant moins pour les courses, les loisirs, les vacances, le médecin,...

Ou alors il faut se résoudre à quitter le quartier... mais pour aller où ? Les communes de la zone du canal en dehors de Bruxelles, voire les villes du Hainaut semblent être les destinations obligées pour tous ceux à qui la “revitalisation” de Bruxelles enlève la possibilité d’y vivre. Les données et les études actuelles sur ces flux migratoires manquent. Et pour cause, qui s’intéresse à ceux qui s’en vont et vers où ils vont ? Pas nos institutions en tout cas qui ne s’empressent pas plus d’être solidaires des régions d’accueil voisines. Ce manque d’intérêt pour la destinée de ceux qui sont obligés de partir, c’est un peu comme si on leur disait “bon vent !”, ou plutôt “bon débarras” !

Observatoire des loyers 2010
www.slrb.irisnet.be
www.ieb.be/plouf/lien1

Étude BrusselsStudies
www.brusselsstudies.be
www.ieb.be/plouf/lien2


PLOUF - Un pavé dans le canal

Dernier ajout : 17 août.