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Dossier Mobilité

Diabolo : mésaventure dans l’Airport Express

Publié le mercredi 9 avril 2014, par C.M., I E B, Mohamed Benzaouia
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Il y a trois ans, j’étais allée passer le Nouvel An à Istanbul. Je suis revenue en avion, le soir un peu tard, et j’ai pris un des derniers trains qui rentrent à Bruxelles. Comme j’avais un « rail pass », je l’ai rempli pour faire le trajet Zaventem-Bruxelles.

Diabolo : mésaventure dans l’Airport Express · Il y a trois ans, j’étais allée passer le Nouvel An à Istanbul. Je suis revenue en avion, le soir un peu tard, et j’ai pris un des derniers trains qui rentrent à Bruxelles. Comme j’avais un « rail pass », je l’ai rempli pour faire le trajet Zaventem-Bruxelles.

De toute façon, je n’avais pas d’euros en poche, un détail qui aura des suites. Quand la contrôleuse arrive, elle me dit que mon « rail pass » n’est pas valide, parce que il y a une taxe à payer sur ce trajet-là, parce que la gestion de la ligne est privée. Mais j’avais déjà rempli mon « rail pass », ce qui me coûte quand même plus que sept euros.

Je demande alors combien coûte le billet ? Un peu plus que cinq euros. J’avais donc payé un peu plus que ce que je devais. Pour moi, c’était bien suffisant. Mais la contrôleuse insiste, ce n’est pas le bon billet. Le ton commence à monter et je réponds que moi je ne le savais pas, ce n’est indiqué nulle part, que je ne suis pas d’accord de payer un supplément, que j’ai déjà payé. Elle n’en démord pas et part fâchée. Je n’en démords pas non plus : pour moi, ce genre d’info devrait être clairement communiquée aux voyageurs, ce qui n’était pas le cas.Arrivé à la gare du Nord, deux agents de SécuRail rentrent dans le train et me font descendre, alors que moi je voulais aller jusqu’à la gare du Midi. Sur le quai, il y a trois flics avec chiens qui m’attendent. Deux SécuRail, trois flics avec chiens, rien que pour moi ! C’était complètement démesuré ! On m’emmène au bout du quai. Qu’avais-je fait pour devoir descendre à une gare où je ne devais pas descendre, comme un voyou ? Je n’avais pas le bon ticket. Je leur ai dit que je trouvais qu’ils exagéraient et que j’allais m’en aller, puisque je n’avais rien à faire ici ! Alors, un des flics m’immobilise en me tordant le bras, il me plie en deux, de sorte que je ne pouvais plus bouger. Je commence à péter un câble et à hurler « mais lâchez-moi, qu’est ce qui vous prend ? ». Ils étaient vraiment violents. Il se trouve qu’à ce moment-là j’étais enceinte de deux mois et donc j’étais très fragile. Ils m’ont ensuite fait asseoir sur un banc et j’ai alors éclaté en sanglots. C’est à ce moment qu’une femme flic est venue me parler. Je crois qu’elle s’est rendue compte qu’ils étaient allés trop loin, pour une question qui n’en valait pas la peine... Tout doucement, ils se sont calmés.

Finalement, ils m’ont fait signer un papier après avoir noté mes coordonnées. Je suis donc rentrée chez moi par le tram et par la suite j’ai reçu une amende à la maison. C’était un peu gros : après avoir été agressée, je devais payer une amende. J’ai appelé le service « réclamation » et je leur ai dit que je n’étais pas d’accord de payer. D’abord, parce que j’avais l’impression que je m’étais fait agresser. Et ensuite, parce que je n’étais pas informée de cette taxe et que j’avais payé même un peu plus qu’il ne fallait. Après quelque temps et une série de coup de fil, j’ai dû lâcher prise, par « effet de l’usure » : je n’ai pas que ça à faire dans ma vie. Et j’ai fini par payer l’amende.

C.M.
Propos recueillis par Mohamed Benzaouia.

▪ Contacts : C.M. , Mohamed Benzaouia


BEM n°269 – Mars-avril 2014

Dernier ajout : 10 avril.