Inter-Environnement Bruxelles

Deux milliards d’euros pour éloigner les détenu.e.s !

Article publié le 8 mars 2021 par Claire Scohier
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Il y a peu (ou pas d’avantages) au projet de nouvelle prison à Haren. Dans la liste des inconvénients majeurs que pose le futur mastodonte carcéral, on en citera deux revenus au devant de l’actualité :

1. Le coût de l’opération lié à la mise sur pied d’un partenariat public-privé sous forme de contrat dit DBFM. Le retard du chantier pourrait encore accroître la facture ; or comme le souligne récemment la députée fédérale Sophie Rohony, il n’y a jamais eu de transparence dans ce dossier. Les chiffres avaient été rendus illisibles dans le contrat remis aux députés en 2019. Le coût initial projeté de la construction était de 330 millions auquel il convient d’ajouter les frais de fonctionnement estimé à 126 euros par jour et par détenu durant 25 ans soit une note d’au moins 1,679 milliard d’euros. La Cour des comptes dans son rapport 2018 signalait que les informations fournies par les prestataires privés ne permettaient pas un suivi transparent et que la formule DBFM était aussi plus onéreuse que la formule classique. Voir la vidéo du collectif Tout va bien « Maxi prison de Haren : petit projet entre potes ».

2. L’éloignement de la future prison du centre ville et du Palais de justice et les conséquences pour les détenu.e.s en termes de contacts sociaux et de droit de la défense. L’argument pour déménager les trois prisons actuelles était leur délabrement. Or le ministre de la Justice déclare aujourd’hui que la prison de Berkendael est en bon état (elle a été construite il y a seulement 40 ans). Mais déménager les trois prison à Haren permettait de libérer le foncier saint-gillois dont la valeur est nettement plus lucrative que celle de Haren comme en atteste un rapport du bureau d’étude MSA publié en 2014. Si la question de la rénovation des prisons qui aurait permis de garder les détenu.e.s en centre ville n’a jamais été sur la table c’est pour une raison spéculative comme nous le rappelle Gaétan Leroux, managing director de Codabel : « C’est un terrain de jeu extraordinaire pour laisser place à l’imagination. J’y vois du mixte avec un parc et du résidentiel » (BECI, Brussels businesss, janvier 2021).

Relire : « Le projet de méga-prison à Haren : un projet hors-champ ! ».