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Contrat de quartier Marolles : grands écarts et petits rééquilibrages

Publié le mercredi 13 juin, par pave

À l’heure d’écrire ces lignes, le programme du Contrat de quartier Marolles est en passe d’être adopté par la Région. La balle est dans le camp du Ministre-Président Rudi Vervoort. Si l’enquête publique a permis aux habitants d’exprimer de nombreuses remarques, propositions et demandes de modification, ils n’ont été entendus que très partiellement par la Commission de concertation et par la Ville de Bruxelles. En terme de processus comme de contenu, ce vaste projet de rénovation urbaine qui va s’étaler jusqu’en 2022 reste problématique pour le quartier.

En mars dernier, le Contrat de quartier (CDQ) pour les Marolles a été soumis à une enquête publique. La version du programme ainsi présentée à la population et aux fonctionnaires de la Commission de concertation est le fruit, non pas du travail du bureau d’études mandaté pour ce faire avec la “participation” d’habitants, mais de ce travail passé sous les fourches caudines du Collège de la Ville de Bruxelles. Ceux qui ont suivi l’élaboration du diagnostic et du programme, entamée en juin 2017, ont alors dû constater les grands écarts faits par rapport aux intentions initiales.

En effet, un an plus tôt (mars 2017), la Région de Bruxelles-Capitale approuvait le lancement de ce CDQ sur base d’un dossier de candidature porté par la Ville de Bruxelles et qui affichait comme objectif principal la volonté de “contrebalancer la pression que le Sablon exerce sur le quartier, […] la pression immobilière et touristique grandissante menaçant son identité et son accessibilité” (1). Les Marolles sont historiquement un quartier populaire où existe une économie, une culture, une vitalité, une “mixité” et une cohésion sociale particulières, qui sont de plus en plus menacées : tel était le postulat de ce dossier de candidature qui a “séduit” la Région dans son choix d’attribuer 14 millions d’euros à la Ville de Bruxelles (auxquels il faut ajouter 13 millions complémentaires provenant de différents autres budgets).

Or, le programme soumis à l’enquête publique a confirmé la rupture avec la “posture forte” du diagnostic et du programme élaborés pendant 8 mois par le bureau d’études, qui avaient pour ambition de “poser le regard sur les enjeux du quartier au départ du besoin des habitants”. Au final, le programme pose au contraire ce regard à partir d’un point de vue politicien et technocratique déconnecté de la vie locale, il favorise la machinerie institutionnelle plutôt que les habitants et il prend volontairement le risque d’intensifier “la pression immobilière et touristique” sur les Marolles.

Un gros gâteau pour la Ville et le CPAS, des miettes pour les habitants

Comment expliquer ce revirement ? D’abord, fait inédit, par les 4 changements d’échevin et les 3 changements de chef de projet que ce CDQ a connu en 10 mois ! Pourtant, les autorités ne sont-elles pas tenues au principe de continuité de l’action publique, qui suppose que les orientations définies dans le dossier de candidature et validées par la Région devraient primer sur la couleur politique d’un éphémère échevin ?

Ensuite, par les arbitrages effectués en janvier 2018 entre les différents départements et services de la Ville et du CPAS (2), qui ont davantage ressemblé à un partage de gâteau qu’à une recherche de cohérence et une volonté de servir l’intérêt du quartier et de ses habitants. C’est ainsi que plusieurs opérations, pourtant prévues dans les “fiches projets” élaborées par le bureau d’études et ayant une utilité concrète et un impact positif immédiat pour les habitants, sont passées en “opérations de réserve”. Et, de manière générale, qu’il ne reste que des miettes pour la population et l’associatif locaux.

De l’art de ne pas entendre…

Les documents soumis à l’enquête publique étaient nombreux et volumineux. Le programme en lui-même prenait la forme d’un texte de 195 pages divisé en 7 chapitres et 62 “fiches projets”. Pas simple de se retrouver là-dedans, et encore moins dans le volet budgétaire qui mélange des projets “CDQ” à des projets “hors CDQ”. Malgré tout, 57 réactions écrites ont été envoyées dans le cadre de l’enquête publique, dont plusieurs avis collectifs, d’habitants, travailleurs et parents d’élèves du quartier, ainsi qu’une pétition de plus de 6000 signatures. Preuve que la “participation”, théoriquement souhaitée par les autorités, a bien fonctionné ? Ou au contraire que les habitants se sont rendus compte que leurs demandes, émises pendant la phase de préparation du programme, n’avaient pas été prises en compte ?

La grande majorité des avis dont nous avons pu prendre connaissance convergent pour demander la modification du programme, pour que celui-ci parte des réalités locales, renforce la position des habitants actuels, réponde à leurs besoins et soutienne le tissu social et associatif existant, afin que ce CDQ devienne ce qu’il prétend être : « un programme pour les Marolliennes et les Marolliens.” Renforcer l’existant plutôt que de créer du neuf et de parachuter des projets venus d’ailleurs, cela reviendrait aussi à mieux utiliser l’argent et les équipements publics. Mais cette demande semble incompatible avec la logique qui a prévalu à la Ville : octroyer à chaque département, chaque échevin, chaque parti de la majorité PS/MR, sa part des subsides régionaux.

Le 28 mars dernier, la Commission de concertation s’est réunie pour examiner le projet de programme. Quelques semaines plus tard, elle a remis un avis favorable certes assorti de conditions, mais omettant de répondre à de multiples contradictions relevées entre le diagnostic du bureau d’études et le programme qui en découle, et à un grand nombre de remarques (pourtant pertinentes et très précises) émises dans le cadre de l’enquête publique, dont certaines ont été complètement passées sous silence.

Le 23 avril, le programme a été adopté par le Conseil communal lors d’un vote majorité contre opposition. Le Collège de la Ville de Bruxelles y a intégré certaines remarques de la Commission de concertation, tout en restant sourd à bon nombre de critiques et observations des habitants, confirmant pour ceux qui en doutaient qu’il n’avait jamais eu l’intention de tenir réellement compte de la “participation”.

Ce mépris pour les dynamiques locales est un message extrêmement négatif qu’envoient les pouvoirs publics aux associations et aux habitants.

Voilà donc en quel état se trouve le programme du CDQ, actuellement sur la table du Gouvernement bruxellois qui devrait prendre sa décision finale au début des vacances d’été. Nous dressons ici, sommairement (difficile d’être exhaustif sur un programme aussi volumineux et disparate), les grandes lignes des modifications obtenues à l’issue de l’enquête publique et des points qui restent fortement problématiques. Tout en sachant qu’une fois le programme adopté, la vigilance restera de mise car légalement les autorités pourront encore le modifier à plusieurs reprises… pour le meilleur ou pour le pire.

L’équipe du Pavé dans les Marolles

1) Communiqués du Ministre-Président Rudi Vervoort et de l’Échevine Ans Persoons, mars 2017.
2) Régie Foncière, Affaires économiques, Urbanisme, Propreté Publique, Voirie, Espaces verts, Patrimoine, Sport, Instruction publique, Culture, Mission locale pour l’emploi, cellule de Coordination des Actions de Revitalisation, asbl Bravvo, Bruxelles Participation,…


Logement : une action bien trop timide
pour contenir la flambée des loyers

À Bruxelles, des catégories entières de la population, y compris dans les classes moyennes, sont touchées par la crise du logement. Or toute opération de rénovation urbaine est susceptible d’augmenter encore, localement, les valeurs immobilières. Le CDQ prévoit 33 nouveaux logements : c’est bien, mais c’est très insuffisant pour “contrebalancer la pression immobilière”.

Une pétition intitulée “Les Marolles doivent rester un quartier populaire !” a été remise à la Commission de concertation. Signée par plus de 6000 personnes (près de 1200 dans les rues des Marolles et plus de 5000 sur internet), elle demande de créer 100 nouveaux logements accessibles dans le périmètre, destinés en priorité aux habitants à faibles revenus. Un chiffre certes symbolique, mais réaliste ! Il peut être atteint, pas uniquement par des opérations de construction ou d’acquisition (d’autant que les Marolles sont un quartier déjà très dense), mais aussi en actionnant d’autres leviers, notamment :

• Appliquer à tous les logements appartenant aux pouvoirs publics dans le quartier (CPAS, Régie Foncière) des tarifs sociaux et des conditions d’octroi identiques à celles du logement social (plafond de revenus). Cela suppose de faire la transparence (inventaire des adresses, loyers, charges et modes d’attribution) sur cet important parc immobilier public qui concerne, selon nos informations, au moins 150 logements appartenant au CPAS et 230 appartenant à la Régie Foncière !

• En 2016, 60 logements vides ont été identifiés dans le quartier. Comme le soulignait le diagnostic, le CDQ devrait être l’occasion de les remettre sur le marché locatif via des agences immobilières sociales ! L’octroi d’un budget socio-économique à des associations locales permettrait de mener ce travail.

Las… Si la Commission de concertation écrit qu’il faut “continuer et compléter le repérage des immeubles vides”, son avis ne dit pas comment, ni avec quels moyens faire en sorte qu’ils soient remis en location à des loyers accessibles. Quant aux conditions de location des logements appartenant aux autorités locales, celles-ci font la sourde oreille.

Enfin, habitants et associations ont pointé le budget exorbitant du projet d’acquisition-rénovation des anciennes brasseries Vossen, rue des Capucins : 3.653.933€ seraient injectés pour y construire 10 logements seulement (et encore, à condition que le montant acquisitif n’ait pas été sous-estimé comme certains le pensent). Avec la même somme, les autorités pourraient construire davantage de logements sur d’autres terrains, y compris dans des opérations prévues dans le CDQ mais qui ont été reléguées “en réserve”. Ici encore, la Ville n’a pas tenu compte de cet avis de bon sens.


Espace public : du tape-à-l’œil
plutôt que des solutions à long terme

Le diagnostic du CDQ utilise la métaphore de “la scène” (place du Jeu de Balle, rues Blaes et Haute…) et des “coulisses” (rues perpendiculaires, intérieurs d’îlots, pieds d’ensembles de logements sociaux…), préconisant d’“éviter une logique d’embellissement de la scène”, c’est-à-dire de ne pas être dans logique d’intervention “tape-à-l’oeil” et de plutôt “regarder la scène depuis les coulisses”, afin de permettre “au quartier de se renforcer à l’avenir face aux pressions externes, et préserver son identité populaire historique.” Bien vu : en effet, la hausse des loyers n’est pas sans rapport avec la rénovation de l’espace public, qui fait augmenter les valeurs foncières et immobilières.

• Palais de Justice Versus espaces publics de proximité. Pourtant, le principal projet d’espace public voulu par la Ville consiste en “l’activation temporaire des rampes du Palais de Justice”. C’est “le bébé” de l’ex-échevin David Weytsman, selon ses propres mots. Une opération qui ne s’inscrit pas dans une échelle de quartier, mais dans une logique spectaculaire favorisant les flux touristiques, et qui est d’autant plus préjudiciable que son coût (907.938€) empêcherait d’investir dans une série d’espaces publics de proximité. Faut-il rappeler que le dossier de candidature du CDQ indiquait que les intérieurs d’îlots seraient réaménagés “comme des ‘sanctuaires’, des lieux où les habitants peuvent retrouver un espace convivial à l’échelle du quartier et à l’écart des flux touristiques” ?

Pas moins de 9 opérations de ce type, évoquées comme priorités du CDQ, ont malheureusement été écartées par la Ville. Heureusement, la Commission de concertation a ici rééquilibré un peu les choses. Le budget d’activation temporaire des rampes a été abandonné, ce qui a permis de faire remonter 3 opérations reléguées en “réserve” : la venelle de la rue Christine, l’espace public derrière l’école de la Marolle, l’intérieur d’îlot rue de la Prévoyance.

On regrettera cependant qu’aucun des espaces publics liés aux cités de logements sociaux (les plus désolés du quartier) ne soit concerné par une opération de rénovation ; qu’un coquette somme (100.000€) reste allouée à une étude sur les rampes du Palais de Justice, que la Ville compte “activer” avec d’autres financements ; et encore que le budget prévu pour l’espace public derrière l’école de la Marolle reste manifestement largement surévalué (près de 900.000€), alors qu’avec la même enveloppe il devrait être possible de rénover aussi deux autres espaces publics de proximité.

• Pourquoi réaménager ce qui a simplement besoin d’être entretenu ? On le sait, si les rues du quartier sont parfois en mauvais état, c’est essentiellement par manque d’entretien. Raison pour laquelle le “Pavé dans les Marolles” avait lancé l’idée de créer une coopérative de paveurs, qui aurait pour mission d’entretenir toutes les voiries du périmètre sur les 4 ans du CDQ : une telle approche serait moins coûteuse, plus écologique, plus durable. L’idée a été reprise dans le programme sous le nom d’une “brigade de paveurs”, mais son rôle y est amoindri. Ainsi, le programme prévoit de dépenser près de 2 millions d’euros pour réaménager complètement 6 rues du quartier (Miroir, Saint-Ghislain, Renards, Faucon, Abricotier, Samaritaine), sans que cette “brigade” ne soit impliquée et alors que les autres rues du quartier seront laissées en leur état actuel… Pourtant, ces rues n’ont pas besoin d’être réaménagées (hormis la rue du Miroir, particulièrement mal conçue avec ses dos d’âne), elles ont besoin d’être entretenues et un tel budget permettrait d’entretenir toutes les rues du quartier !

Par ailleurs, le réaménagement de ces rues pose question. Que vont-elles devenir ? “L’embellissement” est une notion subjective qui doit être maniée avec prudence, d’autant que les Marolles sont un quartier communément considéré comme l’un de ceux qui a le plus réussi à garder une “âme”, un “cachet”, un “caractère”. À vouloir “embellir” ce qui est déjà “beau” et particulier, on n’obtient parfois rien d’autre que de la “laideur” et de l’uniformité.

• Place du Jeu de Balle. Le bureau d’études préconisait de ne pas toucher au Jeu de Balle : la place et l’activité du Vieux Marché constituent un patrimoine, matériel et immatériel, qui fonctionne bien tel quel. Les Bruxellois sont attachés à cette place, telle qu’elle est depuis 1873, date de l’installation du Vieux Marché. Pourtant, 4 opérations sont apparues dans le programme, parmi lesquels un projet de mobilier urbain et un conséquent budget d’éclairage public (500.000€) dont l’usage sera laissé à l’appréciation de Sibelga, échappant à tout processus consultatif et participatif. À ce stade, et même si l’avis de la Commission de concertation a repris la demande de phaser le repavage de la place pour préserver l’activité quotidienne du marché, les garanties ne sont pas réunies pour éviter que la porte soit ouverte à un lifting intégral du Jeu de Balle, qui pourrait survenir lors d’une modification ultérieure du programme.


Une logique qui ne répond pas aux besoins locaux
et qui déforce l’existant

Un CDQ doit être l’occasion de renforcer les dynamiques locales, citoyennes et associatives. Ici, c’est tout l’inverse qui se passe. Le programme du CDQ n’en tient pas compte, voire se substitue à des initiatives déjà existantes et ignore les synergies qu’il pourrait créer… un comble dans un quartier où existent environ 120 structures associatives. D’autant que des sommes folles sont affectées à des investissements qui ne vont rien résoudre aux problèmes du quartier. Voici quelques exemples de cette logique qui traverse le programme…

• Ressourcerie. Le CPAS veut profiter du CDQ pour faire financer la réaffectation d’une de ses propriétés en lançant une ressourcerie. Le budget est colossal (près de 2 millions d’euros, soit 7,5% du budget total du CDQ), alors que le projet ne va quasiment rien résoudre à la problématique des déchets inhérents à l’activité du Vieux Marché. Pourtant, les idées ne manquent pas pour solutionner de manière structurelle ces problèmes de propreté publique (déchetterie de proximité, système de containers volants…) et des habitants les ont répétées tout au long de l’année préparatoire. Il a fallu attendre l’enquête publique et l’avis de la Commission de concertation pour que la Ville finisse par admettre le problème. Une étude sur la gestion des déchets est désormais prévue, mais paradoxalement aucun budget n’est prévu pour mettre en place la solution qui sera retenue, puisque la ressourcerie conserve tous ses crédits. On déplorera surtout que l’étude en question soit d’office prévue pour un bureau d’études type bureau d’ingénieurs, alors que des voix s’étaient élevées pour proposer qu’elle soit menée sous forme participative en incluant les savoirs et l’expérience des marchands et des habitants.

• Restaurant à économie sociale. Derrière le leitmotiv de “sensibiliser à la consommation et à l’alimentation durable et saine”, le programme prévoit de créer un restaurant… géré par une association laekenoise. Mobilisant un budget très conséquent (1.309.076€, comprenant l’acquisition d’un bâtiment alors que ces mêmes autorités en possèdent des dizaines dans le quartier !), ce projet extrêmement mal ficelé viendra d’une part mener une concurrence déloyale aux restaurateurs du quartier (son infrastructure et son personnel seront subventionnés), de l’autre il ignore complètement le tissu social et associatif sur lequel il aurait pu s’appuyer et qu’il aurait pu renforcer. On pense ici aux maisons médicales, écoles de devoirs, cours d’alphabétisation, clubs sportifs, et bien sûr à l’épicerie sociale (Les Capucines) et aux différents restaurants sociaux (Nativitas, Samaritaine, Poverello, Les Petites sœurs des pauvres, Vrienden van het Huizeke…) qui, en l’absence de financement public structurel concernant l’aide alimentaire, ne peuvent pas proposer une offre suffisante pour répondre à la demande du quartier, aussi bien en terme qualitatif que quantitatif.

• Accès à la salle de sport Baron Steens. Permettre l’accès à la salle de sport de l’école Baron Steens, en dehors des heures d’école, et en profiter pour aménager l’intérieur d’îlot ? Voilà un projet judicieux, à la fois très utile pour la population locale et qui symbolise ce que pourrait être un CDQ dans un quartier si dense : plutôt que financer la construction d’une nouvelle infrastructure sportive, mieux utiliser celles qui existent ! Pas de chance, la Ville n’en a pas voulu, l’opération est reléguée aux oubliettes.

• Budgets socio-économiques. Engloutis par le CPAS et les départements de la Ville (92%), ils ont réduits à peau de chagrin la part disponible pour les projets associatifs et citoyens… à peine 8%. Pour comparaison, le budget de l’appel à projets socio-économiques du CDQ Jonction (périmètre voisin du CDQ Marolles) a été confié à 57,5% à des associations !

• Appel à projets citoyens. Malgré les demandes répétées, la Ville ne souhaite instaurer aucun critère d’attribution ni jury citoyen, elle préfère laisser l’octroi de ces subsides aux aléas d’un vote en ligne et, in fine, au fait du Prince. De même, elle n’a retenu aucun des dispositifs demandés pour garantir l’implication des habitants pendant toute la durée du CDQ, comme par exemple la création de comités d’accompagnement pour les grands projets. La “participation” des habitants pendant les prochaines années du CDQ va donc se résumer à aller assister à des présentations PowerPoint.

• Clause sociale. Les pouvoirs publics disent vouloir saisir l’occasion d’un CDQ pour créer de l’emploi local, non seulement à travers les projets socio-économiques mais aussi dans les opérations de construction et d’entretien de l’espace public. Voilà pourquoi des associations ont proposé l’ajout d’une clause sociale dans le cahier des charges de chaque projet, afin de faire appel tant que possible aux ressources du quartier (ouvriers en insertion socioprofessionnelle, jeunes en formation, personnes sans emploi). Aucune réponse à ce sujet…

• Commerces et services de proximité. “Suite à la pression des Sablons sur le quartier, de plus en plus de commerces de proximité disparaissent. Le CDQ est une opportunité de revitaliser l’économie locale et la réconcilier avec l’identité du quartier construit autour du marché du Jeu de Balle.” Cette judicieuse analyse provient du dossier de candidature du CDQ Marolles. Pourtant, et malgré les propositions faites par des habitants, le programme ne répond aucunement à cette problématique et dans les endroits où il va financer la création ou la rénovation de rez-de-chaussée commerciaux, aucune clause n’est prévue pour que ceux-ci soient destinés à accueillir des commerces de proximité financièrement accessibles, qui produisent de l’emploi local et répondent à de vrais besoins (en approvisionnement, poste, coiffeur, librairie, etc.), ni des services de proximité (service d’écrivain public, une boutique sociale numérique.).

 

Voir en ligne : http://www.pave-marolles.be/contrat...

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Dernier ajout : 21 juin.