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Cinquième tentative de destruction de l’avenue du Port

Publié le mercredi 6 septembre, par IEB

La presse des 30 et 31 août a répercuté le communiqué de presse du ministre régional de la Mobilité Pascal Smet annonçant sa cinquième tentative de rénover/moderniser l’avenue du Port sans tenir compte du patrimoine qu’elle représente. Avec votre aide l’Action Patrimoine, Pavés, Platanes (APPP) a déjà remporté les quatre premières batailles. Mais l’adversaire modernisateur-destructeur insiste. La guerre n’est donc pas encore gagnée. Elle ne le sera que par une rénovation respectueuse du patrimoine.

Le paysage urbain de l’avenue du Port (sa mer de pavés de couleur grise dont la tonalité varie en fonction du climat, surplombée de la voûte arborée vert intense de ses platanes) est par son ampleur et sa perspective un vestige historique unique à Bruxelles, sa dernière avenue industrielle et portuaire.

À la lecture de son communiqué, le 5e plan de M. Smet est un décalque de son 4e. On reste dans la démesure.

Il essaie de neutraliser les critiques reçues de la commune de Molenbeek, laquelle par la voix de son échevin de l’Urbanisme s’inquiète des répercussions sur le quartier Maritime de l’interdiction totale de stationnement avenue du Port. Il est clair que la lutte pour le stationnement en voirie deviendra âpre parmi les habitants ce quartier. Et donc, sur les 400 emplacements de stationnement supprimées, Smet en rétablit 82, qu’il place entre les nouveaux ormes remplaçant les platanes, côté Tour et Taxis.

M. Smet essaie aussi de neutraliser la Ville de Bruxelles, qui réclamait 2 bandes de circulation dans chaque sens sur toute la longueur de l’avenue. Il supprime donc la bande bus prévue entre les rues Claessens et Picard (il se réserve d’y revenir à l’avenir, si la circulation des bus augmente). Mais il maintient une chaussée réduite à 1 bande dans chaque sens sur le tronçon Picard-Sainctelette. L’unité et l’ampleur de l’avenue sont ainsi détruites.

Comme la réglementation oblige à prévoir ailleurs dans la commune les emplacements de stationnement pour camions supprimés avenue du Port, le ministre promet d’en établir chaussée de Vilvorde. Il ne précise pas ni exactement où ni combien. Selon nous, il n’est pas possible de le faire entre le pont de Laeken et le pont Van Praet sans couper les arbres qui séparent la chaussée du canal. M. Smet penserait alors à la chaussée de Vilvorde, passé le pont Van Praet ? C’est se moquer du monde.
Le ministre maintient la piste cyclable bidirectionnelle ultralarge (4 m, itinéraire européen) côté canal, mais aussi la piste cyclable unidirectionnelle (locale) côté Tour et Taxis, que la Ville voulait supprimer.

Il s’assure le soutien des amis des arbres en plantant une rangée supplémentaire d’ormes entre la chaussée et la piste cyclable surdimensionnée bidirectionnelle.
Il ne répond pas aux inquiétudes des entreprises dont les camions doivent croiser la piste cyclable bidirectionnelle rapide pour accéder à leurs installations (160 à 220 sorties par jour à la centrale Inter-Béton, une camionnette de client toutes les deux minutes chez le marchand de matériaux de construction M-Pro).

Bien sûr, il supprime les pavés au profit du béton et de l’asphalte, ce qui rassure les ingénieurs incapables (ignorants la technologie du pavage résistant en pierres naturelles)

Pour le reste : aucune demande de permis d’urbanisme n’est encore arrivée à la Ville de Bruxelles. Le permis de Smet n’est pas encore en état, et chemine au sein de l’administration régionale. L’enquête publique sera probablement pour novembre.

En attendant, pour ceux qui ne l’ont déjà fait : adoptez symboliquement votre zone de pavés de l’avenue du Port !

C’est sur www.avenueduport.be.


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Dernier ajout : 19 novembre.