Inter-Environnement Bruxelles Inter-Environnement Bruxelles

Charte d’Inter-Environnement Bruxelles asbl

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Charte d’Inter-Environnement Bruxelles approuvée par l’Assemblée générale du 16 avril 2002

La ville est un organisme global et complexe dont les différentes composantes physiques, naturelles et humaines, les affectations et les activités économiques et sociales doivent pouvoir coexister. Le développement de chacun de ces éléments ne peut se faire au détriment des autres et doit au contraire contribuer à développer un milieu de vie de qualité.

Ce développement doit être soutenable et répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations futures de répondre à leurs propres besoins sociaux, environnementaux et économiques.

Ce qui fait la richesse d’une ville, ce sont ses habitants, leur culture et leur capacité relationnelle. Quel est le pouvoir d’attraction d’une ville si ce n’est la richesse et la diversité qui sont des leviers de création. Que cette création soit économique, culturelle, sociale ou politique.

La ville permet à la fois émancipation et solidarité. Son fonctionnement et son évolution doivent garantir le bien-être des générations actuelles et à venir.

La ville se définit par la densité humaine présente dans chacun de ses quartiers, en y incluant la mixité des populations et des fonctions.

I - Participation / Education à la citoyenneté

Les habitants de Bruxelles, quelle que soit leur origine, ont le droit et le devoir de décider de l’avenir de leur cité. Pour cela, les niveaux de la décision politique doivent être fondés, d’une part, sur les quartiers en tant qu’entités les plus proches dans lesquelles la population se reconnaît, et d’autre part, sur une région, qui doit renforcer son autonomie et ses ressources et exercer la tutelle sur les communes de façon à ce qu’une politique cohérente et commune soit développée dans toute la région. Les habitants doivent pouvoir participer à l’élaboration des décisions et au contrôle de leur exécution.

Vivre en ville, c’est vivre ensemble. Les actions des comités d’habitants se placent dans le cadre de projets solidaires et démocratiques. La confirmation de ces actions enrichit le débat sur la ville et celle-ci contribue à la formation des citoyens.

II - Planification

Il faut développer une vision et une stratégie qui doivent être confirmées par les différents plans d’aménagement. Ceux-ci doivent être clairs, compréhensibles et applicables. Les pouvoirs publics doivent faire respecter ces plans. Le statut de capitale régionale, des Communautés, fédérale et européenne doit contribuer à la vie des quartiers et respecter les conditions d’une mixité réelle de fonctions.

III - Culture

Le rayonnement culturel de la ville est un élément essentiel de sa qualité de vie et une des conditions de son attractivité. Il repose sur la participation active de l’ensemble de la population à l’élaboration de la culture. Chaque habitant a le droit d’en bénéficier mais aussi de la susciter. Les activités culturelles doivent bénéficier d’une protection particulière, les mettant à l’abri de la « marchandisation ». L’accès à la culture c’est aussi l’acquisition d’une lecture critique et d’une capacité d’action sur le cadre de vie.

IV - Patrimoine

Le patrimoine sera traité dans le respect de son authenticité.

Le tissu urbain constitue en lui-même un patrimoine. Ce patrimoine doit être protégé à travers les alignements, les gabarits et le parcellaire. Une attention particulière doit être portée à la sauvegarde du patrimoine architectural et naturel et de son cadre. Il ne doit pas pour autant être figé et doit garder une valeur d’usage au besoin, par la réaffectation.

Certains immeubles, par leur représentativité ou leur caractère exemplaire doivent être préservés dans leur fonction d’origine.

Le patrimoine naturel urbain est plurifonctionnel : écologique, social, paysager, historique et éducatif, ses différentes fonctions varient d’un site à l’autre. Le patrimoine naturel urbain est aussi multiforme : il va du plus sauvage au plus organisé, du site semi-naturel au parc jardiné en passant par les jardins de façade, les intérieurs d’îlots, les zones vertes associées au chemin de fer ou au canal,... Sa conservation, son développement et sa gestion sont indispensables au maintien et à la restauration du maillage écologique au sein de la ville et de la qualité de la vie en ville.

Le patrimoine doit être envisagé dans ses acceptions architecturale, historique et naturelle.

Une politique active de protection du patrimoine doit être menée avec pour but premier la sauvegarde du patrimoine le plus fragile et le plus menacé.

V - Logement

L’habitat doit être promu qualitativement et quantitativement de manière à assurer à chacun des conditions de logement optimales. Le logement est l’un des principaux moyens pour lutter contre l’exclusion. A cet égard, les opérations d’initiative publique doivent se fonder sur une véritable politique sociale du logement. Au-delà du parc de logements sociaux qui est insuffisant, les pouvoirs publics doivent intervenir pour rendre accessible le marché locatif privé aux ménages à revenus faibles et moyens. Les pouvoirs publics doivent imposer aux constructeurs de bureaux de produire des logements accessibles et de qualité. La politique du logement doit encourager la rénovation plus que la construction et lutter contre la spéculation immobilière, l’insalubrité et les logements vides.

Les équipements collectifs, facteurs de la qualité de vie urbaine, doivent être intégrés dans le tissu urbain et directement liés aux besoins des habitants.

VI - Espaces publics

Les espaces publics de la ville sont des lieux d’échange qui ne peuvent être accaparés par la circulation et le stationnement automobile. Les espaces publics doivent être partagés harmonieusement entre les différents usagers parmi lesquels le piéton et le cycliste sont prioritaires. Leur aménagement devra intégrer les transports publics et leur accessibilité. Les pouvoirs publics doivent résister à la privatisation ou à l’usage exclusif de l’espace public (horeca, événements, chantiers, publicité). Les espaces verts publics doivent être mis en valeur. Le développement du maillage vert doit être poursuivi.

La réhabilitation et l’adaptation de l’espace public aux besoins spécifiques des habitants doivent se poursuivre en respectant la typologie des lieux légués par l’histoire.

VII - Economie

La ville est productrice de richesses car elle concentre une population diversifiée indispensable à la dynamique de l’offre et de la demande et productrice de travail. Elle est également source d’innovation par la diversité du réseau d’entreprises qu’elle abrite.

Pour assurer sa vitalité économique, la ville doit stimuler la diversité de ses activités et favoriser ses productions propres dans la perspective du développement durable.

Le développement économique dépend d’un contexte social et culturel attrayant : un environnement de qualité, basé sur un tissu urbain mixte et attractif, est une condition essentielle aux investissements. Le redéploiement doit profiter à tous les habitants.

Le développement du secteur des services ne doit pas nuire aux autres fonctions de la ville. Les nuisances qui lui sont spécifiques : production de déchets, désertification de l’espace public, grands parkings, utilisation des ressources naturelles (eau et énergie), doivent être maîtrisées.

La planification doit encadrer le maintien d’activités industrielles, artisanales et manufacturières dans un souci de diversité et de production endogène à la ville. Elle doit également prévoir la réversibilité des affectations dans les permis d’urbanisme (capacité à transformer des bureaux ou des locaux industriels en logements...). Les qualités du tissu urbain ne doivent pas être sacrifiées au développement économique.

La ville constitue également le lieu privilégié de la formation et de l’accès à l’emploi. Des formations qualifiantes doivent concourir à l’autonomie et à l’épanouissement personnel des travailleurs. Le secteur non-marchand est une source importante d’emplois en ville qui doit être soutenue.

VIII - Environnement

Des politiques préventives de maîtrise des pollutions doivent être mises en œuvre et ce, de manière transversale. Ces politiques doivent être inclues, localement et globalement, à la base de tous les projets et activités urbaines, dans les matières telles que l’énergie, l’air, l’eau, le sol, la nature, le bruit et les déchets.

Les solutions appliquées à tout projet ou activité devront tenir compte de la notion de développement durable, notamment au travers de l’équilibre de la mixité en ville, des modes de transport, de la politique des déchets, de la politique de l’eau, de la politique du bruit, des solutions énergétiques, de l’utilisation des matériaux,... afin d’en contrôler les nuisances potentielles.

De plus, une politique volontariste sera mise en place afin de corriger les nuisances environnementales du passé, en agissant plus particulièrement, mais pas uniquement, sur la principale source de pollution que constituent les déplacements motorisés.

IX - Déplacements

L’excès de circulation nuit à la qualité de vie en ville. Les nécessités de circuler seront moindres si la ville offre partout un tissu multifonctionnel et accessible à tous. Tout sera entrepris pour diminuer la place et l’usage du transport individuel motorisé. La diminution de la pression automobile doit se poursuivre notamment par la diminution drastique des parkings en voirie et en sous-sol et par le refus d’encourager la navette. En contre-partie, seront prioritairement réhabilités et développés complémentairement : la marche à pied, l’usage du vélo et les transports collectifs de surface, en particulier le tram en site propre et le train dans la région.

Le recours aux nouvelles infrastructures lourdes (métro/tunnel) doit être abandonné pour des raisons de coût et de maintenance, et de sécurité. La priorité doit être donnée aux transports publics de surface.

Le transport de marchandise doit se faire prioritairement par rail et par voie navigable avec des solutions spécifiques à la ville notamment en ce qui concerne les livraisons (diminution de tonnage, limitation des horaires,...).


La fédération

Dernier ajout : 20 novembre.