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Bruxelles en mouvements n°299 : en attendant mieux...

Publié le mardi 26 mars, par IEB

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Ce numéro 299 du Bruxelles en mouvements s’inscrit à la conjonction entre trois temporalités : une immédiate, celle des mouvements sociaux qui revendiquent d’autres modes de distribution des richesses et d’autres façons de produire, de consommer et d’exploiter ; une seconde, à court terme, celle des élections du mois de mai prochain ; une troisième, celle de l’histoire longue, qui ancre les deux autres dans la civilisation thermo-industrielle et le système capitaliste. Ces temporalités s’enchevêtrent aujourd’hui dans le bilan que nous dressons et les revendications que nous soutenons. Il s’agit autant de porter un regard rétrospectif sur la législature bruxelloise qui s’achève (2014-2019), que de pointer ce qui alimente les préoccupations des habitant·e·s, de s’appuyer sur les propositions qu’IEB porte depuis quatre décennies.

À travers six axes – et en décortiquant le Plan régionale de Développement Durable (PRDD) –, nous proposons une réflexion sur ce qui est en train de se passer à Bruxelles, sur les forces et reconfigurations à l’œuvre et sur les angles morts et les oubliés des politiques urbaines, tout aussi révélateurs de ce qui est en cours.

En premier lieu, nous revenons sur la question du logement pour pointer le paradoxe qui en fait aujourd’hui un des fers de lance des politiques et des appétits immobiliers tout en laissant sur le carreau des pans entiers d’une population qui ne peut satisfaire ce droit élémentaire. Il n’y a pas de ville sans logement digne pour ses habitant·e·s, et il n’y aura pas de démocratie bruxelloise sans une vraie politique de logement social.

Notre seconde analyse qui s’intéresse à la façon dont les outils de la planification bruxelloise ont été à la fois détricotés et réagencés pour « simplifier » la mise en œuvre de « projets » urbains sur des portions de territoire. Ces réagencements au sommet ont pour résultat un affaiblissement de la norme, une diminution des garanties de protection accordées à l’environnement et au patrimoine et une diminution des possibilités laissées aux citoyen·ne·s de définir leur cadre de vie.

Il sera ensuite question de la « densification » du territoire, mot d’ordre brandi par les autorités pour répondre au boom démographique et justifiant l’urgence à construire et donc à déréguler le cadre ancien qui ne permettrait pas d’y faire face.

Notre quatrième axe de réflexion porte le projecteur sur les politiques actuelles en matière de transport de marchandises à Bruxelles. Ce secteur est une des clés pour définir des modalités écologiquement plus sensées de l’approvisionnement de la ville, de ses commerces et de ses habitant·e·s.

Ce qui nous mène à la question plus générale de la mobilité de, vers et dans Bruxelles. Le PRDD y attache une grande importance... mais avec les accents de l’économie de plateforme puisqu’il ouvre grand la porte aux entreprises privées dans la multiplication des offres de transports. Le dada du moment s’appelle ainsi Mobility as a Service (MaaS).

Finalement, nous nous penchons sur l’avenir radieux qui nous est dessiné dans la « Smart city » et en particulier le déploiement de la 5G dont on nous vante une fois de plus les mérites en termes de services, de sécurité et de santé, et même d’environnement… Un bel emballage pour un contenu plutôt inquiétant.

Bref, un bilan pour donner de la matière à penser et à agir, pour permettre aux Bruxellois·es de se sentir acteurs de leur ville et de leurs milieux de vie. C’est notre manière d’être constructifs !
 


Prises de position

Dernier ajout : 27 juin.