Inter-Environnement Bruxelles Inter-Environnement Bruxelles

BILC : le Gouvernement rejette l’étude d’incidences !

Publié le mercredi 26 novembre 2008, par IEB

Le Gouvernement bruxellois a décidé de rejeter l’étude d’incidences réclamée par l’ensemble de la société civile, la Ville de Bruxelles et les administrations communales pour le projet de centre logistique BILC à l’avenue du Port. Mais qui donc au Gouvernement a-t-il lu le dossier du BILC pour prendre une décision aussi peu responsable ?

« Si des zones d’ombres ou un manque de transparence subsistaient dans ce dossier, je soutiendrai la demande de la commission de concertation. » [1]

Charles Picqué ,
Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale

« Il existe suffisamment de rapports pour déterminer l’impact environnemental du BILC dans le quartier. » [2]

Françoise Dupuis ,
Secrétaire d’Etat en charge de l’Urbanisme

« Un élément qui plaide pour qu’on ne fasse pas une étude d’incidences, c’est que le BILC est une entreprise qui va créer de l’emploi... » [3]

Brigitte Grouwels ,
Secrétaire d’Etat en charge du Port de Bruxelles

« Une telle structure peut très bien se faire ailleurs avec autant de création d’emploi et il ne faut pas non plus créer de l’emploi et faire fuir des habitants qui seraient très proches. » [4]

Evelyne Huytebroeck ,
Ministre de l’Environnement

« Il ne faudra pas être hypocrite, il ne faudra pas le conditionner à de telles choses que ça revient à dire qu’on ne veut pas du BILC. » [5]

Charles Picqué ,
Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale

« En 2007, sur 24 millions de marchandises qui ont transité au Port de Bruxelles ; 7,5 millions l’ont été par la voie d’eau, ce sont 700 000 poids lourds en moins dans les rues de la capitale. » [6]

Laurence Bovy ,
Présidente du Port de Bruxelles et
Directrice de Cabinet de Laurette Onckelinckx

Faut-il en rire ?

Inter-Environnement Bruxelles rappelle que :

  1. Le BILC est un projet dédié à 100% au camion , sans le moindre lien, ni avec le rail, ni avec la voie d’eau (qui pense autrement n’a pas lu la demande de permis) ;
  1. Le rapport d’incidences du BILC se base sur des hypothèses tellement fantaisistes qu’un enfant de 5 ans pourrait les analyser sans efforts ;
  1. Le BILC, construit pour durer 40 ans (alors que la voie d’accès au BILC est saturée aux heures de pointe et sera saturée en dehors des heures de pointe à l’horizon 2020) et que le pic de pétrole est dépassé est condamné à devenir un terril du 21e siècle à court terme ;
  1. Il n’existe aucun projet comparable dans le monde (sous prétexte d’empêcher des camions de circuler dans le centre-ville, on nous propose ici d’amener les camions au centre-ville, à deux kilomètres de la Grand-Place...) ;
  1. Refuser l’étude d’incidences sur le BILC revient à refuser la demande faite par l’ensemble de la société civile, de la Ville de Bruxelles et des administrations régionales (excepté la FGTB et la SDRB qui ont plié sous la pression socialiste) ;
  1. Des élections auront lieu en juin 2009 et que les comités de quartier ont bonne mémoire...
    Une question lancinante taraude la fédération des comités de quartier. Après avoir été dûment informés sur ce dossier complexe par Inter-Environnement Bruxelles, notamment sur l’extrême vulnérabilité du dossier sur le plan économique, un dossier qui table sur un emprunt de 27,5 millions d’euros, courant sur 25 ans et garanti par le gouvernement bruxellois, qu’en pensent les ministres bruxellois Benoît Cerexhe (Economie et Emploi) et Guy Vanhengel (Budget) ? Sont-ils prêts à assumer ce flop industriel et ses conséquences inévitables pour l’emploi des Bruxellois ainsi que pour les finances publiques ?

Les élections approchent, un peu de clarté dans les positions éclaireront sans aucun doute les électeurs. Et comme, jusqu’à preuve du contraire, le gouvernement est solidaire , les ministres qui seraient contre la localisation actuelle du BILC ont toujours la possibilité de clarifier la situation en démissionnant .

Et de laisser le mot de la fin à la Présidente du Port de Bruxelles, Laurence Bovy :


« Le feuilleton est loin d’être terminé. » [7]

Contactez Mathieu Sonck.



[1] La DH , 24 octobre 2008.
[2] Le Soir , 22 novembre 2008.
[3] Télé Bruxelles, 21 novembre 2008.
[4] idem.
[5] idem.
[6] Vivacité Bruxelles , 24 novembre 2008.
[7] La DH , 22 novembre 2008.


Prises de position

Dernier ajout : 16 juin.