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Avenue du Port : les habitants veulent rencontrer Charles Picqué

Publié le vendredi 2 septembre 2011, par IEB

Les habitants demandent à rencontrer le Ministre-Président afin d’exposer leur projet qui a été écarté par une administration juge et partie. En attendant, venez retourner votre veste ce dimanche 4 septembre à 15h, au quai Béco (place Sainctelette).

Rétroactes...

Avril 2008 : le projet de réaménagement de l’avenue du Port est présenté à l’enquête publique alors que les aménagements de Tours & Taxis sont toujours inconnus. Il provoque une levée de bouclier unanime de la part des comités de quartier, de nombreuses associations et administrations régionales. La commission de concertation passe outre leurs remarques et le permis est accordé le 8 octobre de la même année.

Juin 2009 : le nouveau gouvernement bruxellois inscrit dans son programme le projet de l’avenue du Port. Pourtant, aucun parti au pouvoir n’a fait campagne sur ce thème. Le BILC, projet de centre logistique routier au droit du pont des Armateurs qui justifiait aux yeux du gouvernement précédent le bétonnage de l’avenue, est lui abandonné le 14 janvier 2010.

Octobre 2010 : la Ministre des travaux publics, élue avec un peu plus de 2000 voix de préférence, lance un appel d’offre (qui ne respecte pas les exigences du permis d’urbanisme) pour l’attribution du marché de travaux. Les comités et associations réclament l’abandon du projet, urbicide et totalement injustifié depuis l’abandon du BILC. Ils réclament le maintien du caractère industriel et patrimonial de l’avenue, la sauvegarde des platanes et proposent l’aménagement provisoire d’une piste cyclable en attendant que le projet soit remanié.

22 mars 2011 : sourde aux multiples requêtes de la société civile, la Ministre Grouwels attribue le contrat à l’entrepreneur Verhaeren. Les habitants se mobilisent de plus belle.

Eté 2011 : près de 10 000 Bruxellois soutiennent un mouvement de contestation qui rallie de nombreuses personnalités bruxelloises. Les habitants proposent un contre-projet, moins cher, respectant les platanes et les pavés et proposant un cheminement cycliste équivalent. Les déclarations politiques se multiplient en faveur du projet des habitants. La section locale bruxelloise du parti socialiste et le secrétaire d’Etat Emir Kir, la section locale bruxelloise du CDH, Ecolo et ses représentants au gouvernement, Groen et Bruno De Lille se prononcent publiquement contre le projet de Madame Grouwels. Politiquement, la Ministre Grouwels semble totalement isolée.

29 août 2011 : le gouvernement se réunit et prend connaissance d’une note présentée par la Ministre Grouwels qui affirme que l’abandon du projet coûterait près de 5 millions d’euros à la Région et ferait perdre trois ans avant qu’un nouveau projet ne soit mis en œuvre. Cette note, rédigée par les auteurs du projets de Madame Grouwels, juges et parties, est un tissu d’allégations à l’égard du projet des habitants [1].

1er septembre 2011 : le gouvernement décide de maintenir le projet toujours sans la moindre concertation avec les habitants.

Quelle est cette démocratie qui se veut participative et qui nie trois ans de mobilisation citoyenne et près de 10 000 signatures ?

Quelle est cette démocratie où les élus privilégient le court terme pour des raisons électoralistes (une piste cyclable pour l’un, un projet « d’envergure » pour l’autre) au détriment des générations futures ?

Quelle est cette démocratie où les actes des pouvoirs publics entrent en contradiction avec leurs propres plans et intentions : favoriser l’habitat, la durabilité et l’environnement urbain (et non les pénétrantes, le béton et la stratégie de la tabula rasa comme dans les années 60).

Pourquoi le gouvernement n’a-t-il jamais invité les comités à venir lui expliquer les principes de leur projet ?

Quelle est cette démocratie où autant d’élus ravalent leur parole ?

ILS ONT DIT :

Le remplacement des pavés par de l’asphalte ne me semble plus opportun.

Freddy Thielemans

Le Bureau politique de la Section du Parti Socialiste de la Ville de Bruxelles apporte son soutien à la mobilisation citoyenne qui se manifeste contre le projet de réaménagement de l’avenue du Port tel qu’il est actuellement envisagé. Il demande que les travaux soient postposés jusqu’à ce que le projet de rénovation soit adapté en manière telle que au moins les platanes de cette avenue, qui constituent un patrimoine unique dans la capitale, soient intégralement maintenus et protégés.

Parti Socialiste, section locale de Bruxelles

Je sais aussi écouter les avis de tout le monde, et donc il ne faut pas fermer la porte à une modification éventuelle du projet.

Charles Picqué

Je suis favorable au réexamen et à une introduction de nouvelles demandes de permis. D’abord parce que cette nouvelle demande pourra être traitée dans des délais rapprochés : je propose six mois.

Emir Kir

Nous approuvons tout action fédératrice et citoyenne surtout lorsque, comme dans ce cas, elle est raisonnée et constructive, inventive et humoristique. Les argument développés par le collectif nous semblent dignes d’intérêt. C’est pourquoi, notre section, soutenue par nos échevins bruxellois, interpelle aujourd’hui le gouvernement régional afin qu’un réexamen sérieux de projet de réaménagement de l’avenue du Port se tienne lors des prochaines réunions du parlement et du gouvernement.

Groupe CdH de Bruxelles-Ville

De CdH vraagt deze beslissing te herzien.

Hamza Fassi Fihri

Nous avons demandé de reporter les travaux afin de réfléchir à un aménagement alternatif qui maintienne les grands platanes et restaure le revêtement en pavés de l’avenue, tout en aménageant des pistes cyclables latérales entre la voirie et les arbres.

Christos Doulkeridis

Il est clair que vous avez quelques observations intéressantes concernant le plan actuel. Je ne manquerai pas de défendre votre vision auprès de mes collègues.

Bruno De Lille

Les comités demandent à être entendus par le Ministre-Président de la Région bruxelloise et exigent un débat contradictoire avec les promoteurs du projet de bétonnage de l’avenue du Port.

Les comités refusent que leur cause partagée par une majorité au sein même du gouvernement ne soit sacrifiée, même à demi-mots, sous l’autel de considérations qui n’ont rien à voir avec l’avenue du Port.

De quoi le gouvernement a-t-il peur ?

En attendant, ce dimanche 4 septembre, l’Action Patrimoine, Pavés, Platanes invite tous les Bruxellois à venir symboliquement retourner leur veste comme le gouvernement bruxellois, au quai Béco à 15h.

Contacts

  • Patrick Wouters, Action Patrimoine, Pavés, Platanes, 0478/779 621.
  • Zoubida Jellab, Comité de quartier Marie-Christine-Reine-Stéphanie, 0475/638 651.
  • Isabelle Pauthier, ARAU, 0477/33 03 78.
  • Mathieu Sonck, IEB, 0478/20 35 78.

Notes

[1Nous avons démontré dans le communiqué de presse du 31 août que :
• seulement 3% des arbres sont mal en point,
• les arbres n’empêchent pas la création d’une piste cyclable,
• le béton n’est pas durable, contrairement aux pavés, matériaux naturel, car sa fabrication exige une quantité importante d’énergie grise,
• le projet ne favorise pas la sécurité routière, qui constitue un objectif de société important, à tel point qu’il comprend l’installation de radars automatiques,
• le redressement des pavés peut commencer dans les 6 mois et permet de maintenir la circulation, contrairement au coulage de béton, inapproprié en milieu urbain,
• et, surtout, la loi sur les marchés publics stipule qu’en cas de non exécution du marché les indemnités sont plafonnées à 10%. Aucune entreprise ne s’aliénera les pouvoirs publics en réclamant le remboursement jusqu’au dernier marteau-piqueur. La note de la Ministre est, sur ce point, grotesque. Or c’est par cet argument financier principalement que la décision du gouvernement est motivée.
De plus les décisions relatives à la desserte du Nord de Bruxelles en transports en commun ne sont pas encore prises et seront contraintes par ce projet alors que l’avenue du Port présente un gabarit qui permet de bien intégrer les transports en commun. A l’origine un tram y circulait jusque dans les années 60 !

Rajoutons enfin que ce chantier de près 33 000m² permettrait de créer une entreprise d’économie sociale et susceptible de faire des offres compétitives sur l’ensemble du marché des pavés en région bruxelloise.


Prises de position

Dernier ajout : 10 décembre.