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Porte de Ninove

Adieu Molenbeekois, bonjour bourgeois !

Publié le mercredi 12 octobre 2011, par IEB

MOLENBEEK • La porte de Ninove, c’est un grand carrefour à l’intersection de trois communes (Molenbeek, Anderlecht et Bruxelles-Ville), où se rencontrent plusieurs quartiers populaires. Un quartier qui s’est développé économiquement autour de l’eau.

Jadis, c’est là que la Senne rejoignait un affluent, avant d’être transformée en égout et voûtée. Au 16e siècle, le canal y pénétrait la ville face à deux pavillons d’octroi où était prélevée une taxe sur les marchandises d’import. Depuis, son parcours a été détourné et le bassin de la Porte de Ninove comblé. Ces transformations ont laissé leurs stigmates : entre une écluse toujours en fonction et les pavillons d’octroi servant à présent au contrôle des égouts et de la Senne, subsistent des îlots biscornus percés de toutes parts de voies de tram et de chaussées destinées à la pénétration d’une ville en pleine effervescence.

Aujourd’hui, les projets publics destinés à rendre la zone plus attractive se multiplient : réaménagement des quais, fluidification du trafic automobile, aménagement d’un parc, nouveaux logements pour la classe moyenne... En attendant l’implantation de deux tours de logements sur un mouchoir de poche, un vestige de l’époque industrielle va également connaître une nouvelle affectation : la brasserie Belle-Vue, temporairement occupée par un collectif désirant attirer la « classe créative urbaine », va être transformée en partie en hôtel de 150 chambres destiné à la “jeunesse européenne branchée”. Un projet qui va s’effectuer au prix d’une création minimale d’emplois (5 fois moins que dans un hôtel classique), sous-payés et destinés à une main d’œuvre bon marché. À la Porte de Ninove, un type d’économie chasse l’autre...

Il l’a dit
« Cette zone délabrée doit devenir une partie attractive de la ville. (...) Les forces du développement urbain doivent être rassemblées avec les talents hyperactifs qui se sont appropriés des bâtiments usés mais aussi avec tous ces talents inactifs qui dépérissent dans la pauvreté. (...)
Nous avons besoin de villes puissantes, créatives et attractives, de place to be, qui développent et canalisent leurs propres talents mais qui attirent aussi des talents extérieurs. »

(Tom Smeets, conseiller chez BECI, Chambre de Commerce & Union des Entreprises de Bruxelles, “Journal Kanal”, avril 2009)


PLOUF - Un pavé dans le canal

Dernier ajout : 23 avril.